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59 / 2015

CdG59

Genre et environnement

Nouvelles menaces, nouvelles analyses au Nord et au Sud

Coordonné par Pascale Molinier,
Sandra Laugier et Jules Falquet

 

Les luttes environnementalistes sont désormais indissociables de la réalité des inégalités globales, et de genre. En combinant  éthiques féministes du care, approches matérialistes et mobilisations pour la justice environnementale, en faisant dialoguer des féministes de différentes aires intellectuelles, géographiques et culturelles, on tente ici, par-delà l’écoféminisme et les mythologies de la nature, de relever le défi d’un environnementalisme féministe.

 

  Introduction au format pdf

CdG59 Le numéro sur CAIRN

Le numéro sera en ligne prochainement

 

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Sommaire

 

Dossier

Sandra Laugier, Jules Falquet et Pascale Molinier
Genre et inégalités environnementales : nouvelles menaces, nouvelles analyses, nouveaux féminismes (Introduction) [p. 5-20]

Val Plumwood
La nature, le moi et le genre : féminisme, philosophie environnementale et critique du rationalisme
[p. 21-47]

Layla Raïd
Val Plumwood : la voix différente de l’écoféminisme [p. 49-72]

Lorena Cabnal
« Corps-territoire et territoire-Terre » : le féminisme communautaire au Guatemala. Entretien
(propos recueillis par Jules Falquet) [p. 73-89]

Maria Ovidia Palechor
Réaffirmer, dit-elle. Entretien (propos recueillis par Pascale Molinier) [p. 91-102]

Catherine Larrère
La nature a-t-elle un genre ? Variétés d’écoféminisme [p. 103-125]

Sandra Laugier
Care, environnement et éthique globale [p. 127-152]

Anne Gonon
Le féminisme à l’épreuve d’une catastrophe nucléaire. Mères, nature et care dans le Japon d’après-Fukushima
[p. 153-171]

Hors-champ

Cédric Calvignac
À leur sac défendant, ou l’équipement des passant∙e∙s comme révélateur des rapports sociaux de sexe
[p. 173-194]

Sabrina Sinigaglia-Amadio et Jérémy Sinigaglia
Tempo de la vie d’artiste : genre et concurrence des temps professionnels et domestiques [p. 195-215]

Notes de lecture

— Lionel Astruc. Vandana Shiva. Pour une désobéissance créatrice. Entretiens (Hourya Bentouhami)

— Giovanna Ricoveri. Nature for Sale: The Commons versus Commodities (Magali C. Calise)

— Starhawk. Rêver l’obscur. Femmes, magie et politique (Pascale Molinier)

— Anne Fausto-Sterling. Les cinq sexes. Pourquoi mâle et femelle ne sont pas suffisants (Ilana Löwy)

— Florence Rochefort et Maria Eleonora Sanna (eds). Normes religieuses et genre. Mutations, résistances et reconfiguration. XIXe-XXIe siècle (Josselin Tricou)

— Rebecca Rogers. A Frenchwoman’s Imperial Story. Madame Luce in Nineteeth-Century Algeria (Karima Ramdani)

— Margaret Maruani et Monique Méron. Un siècle de travail des femmes en France, 1901-2011 (Sibylle Gollac)

— Christelle Avril. Les aides à domicile. Un autre monde populaire (Olivier Roueff)

— Questions féministes 1977-1980 (Maira Abreu)

[p. 217-248]

  Notes de lecture au format pdf

 

Cahiers du Genre, n° 59/2015, novembre, 270 p.

ISSN  1165-3558 - ISBN 978-2-343-07818-2

 

 

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Résumés

Val Plumwood — La nature, le moi et le genre : féminisme, philosophie environnementale et critique du rationalisme

L’auteure répond aux critiques adressées par les philosophes féministes à la philosophie environnementale. Le problème viendrait du fait que celle-ci ait repris des hypothèses issues d’analyses, rationalistes et ethnocentrées, biaisées par un préjugé de genre, concevant la raison comme radicalement distincte du corps et des émotions et appelée à exercer un contrôle sur celles-ci, les femmes, le corps et la nature. Au contraire de la thèse identifiée comme celle du moi divisé, l’auteure développe l’idée que ce qui nous est proche ou personnel (nos arbres, nos rivières) joue un rôle central dans l’acquisition d’une vie morale et d’une sensibilité à l’environnement, en consonance avec les approches féministes d’un moi-en-relation. Rejetant la deep ecology qui poserait le problème d’une métaphysique de l’indifférenciation, l’auteure propose une conceptualisation des relations intrinsèques à l’humain, invitant à dépasser la théorie de la ‘séparation’ masculine et les théories traditionnellement féminines de la ‘fusion’.

Philosophie environnementale — Écoféminisme — Deep ecology — Théorie du moi

Layla Raïd — Val Plumwood : la voix différente de l’écoféminisme

Nous présentons l’écoféminisme de la philosophe australienne Val Plumwood (1939-2008). L’écoféminisme développe une critique environnementaliste de l’idéal de domination de la nature, en y montrant à l’œuvre une distinction de genre. Nous mettons en évidence comment cette domi­nation est associée aux idéaux modernes, dualistes, de la masculinité. Nous ex­posons ensuite des alternatives non dualistes ; parmi celles-ci, les éthiques du care.

Écoféminisme — Plumwood Val — Care — Éthique du care — Éthique environnementale

Lorena Cabnal — « Corps-territoire et territoire-Terre » : le féminisme communautaire au Guatemala. Entretien (Propos recueillis et traduits par Jules Falquet)

Guatemala — Peuple xinca — Peuple maya — Écoféminisme amérindien — Féminisme — Participation politique — Extractivisme

Maria Ovidia Palechor — Réaffirmer, dit-elle. Entretien (Propos recueillis et traduits par Pascale Molinier]

Colombie — Cauca — Peuple yanacona — Écoféminisme amérindien — Participation politique

Catherine Larrère — La nature a-t-elle un genre ? Variétés d’écoféminisme

L’écoféminisme est un mouvement qui s’est développé surtout dans les pays anglophones et qui, en montrant la liaison entre l’oppression des femmes et la domination de la nature, cherche à les combattre ensemble. Cependant, le féminisme s’est largement construit contre la naturalité du sexe, puis du genre. Écologiser le féminisme, n’est-ce pas l’ouvrir à la naturalisation ? En examinant l’écoféminisme culturel (principalement américain), puis social (plus présent dans le Sud, et liant la domination des femmes et de la nature au colonialisme et à l’impérialisme), nous montrerons comment la réflexion féministe sur la nature tend à mettre en question l’évidence de celle-ci, sans en abandonner la référence.

Écoféminisme — Nature — Femmes du Sud — Éthique environnementale — Care

Sandra Laugier — Care, environnement et éthique globale

Cet article vise à mettre en évidence la puissance transformatrice des éthiques féministes du care pour les questions environnementales, et réciproquement, à montrer comment la question environnementale est LE lieu présent de redéfinition des enjeux du care. En valorisant des caracté­ristiques morales identifiées comme féminines — l’attention, le souci des autres — l’éthique du care a contribué à placer la vulnérabilité au cœur de la morale, mais a aussi déplacé et élargi son champ. Ce que le care peut nous apprendre sur la question environnementale, c’est que le développement de nos sociétés riches occidentales n’a été possible que par leur dépendance par rapport à une nature, à des ressources — des animaux et des humains. La crise climatique est l’occasion de repenser l’idée de développement durable à partir du care.

Care — Éthiques du care — Environnement — Vulnérabilité — Justice sociale — Écoféminisme

Anne Gonon — Le féminisme à l’épreuve d’une catastrophe nucléaire. Mères, nature et care dans le Japon d’après-Fukushima

La catastrophe nucléaire de Fukushima a soulevé des questions fonda­mentales concernant les soins aux êtres humains mais aussi à la terre. Alors que l’examen des pratiques de care à l’œuvre actuellement dans la région de Fukushima semble être un outil très performant pour saisir ce qui est en expérimentation dans les liens entre nature et êtres humains, les cadres conceptuels semblent inopérants. Dans le présent article, quelques pistes de ces tentatives conceptuelles sont explorées et font apparaître que ni les courants dominants du féminisme japonais scindés entre maternalisme et anti-maternalisme ni l’écoféminisme qui tente de penser une nature typiquement japonaise n’offrent les outils permettant d’appréhender la réalité des soins dans un environnement irradié. La catastrophe nucléaire a fait surgir une crise des savoirs féministes.

Japon — Fukushima — Nucléaire (catastrophe) — Environnement — Care — Écoféminisme

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Cédric Calvignac — À leur sac défendant, ou l’équipement des passant∙e∙s comme révélateur des rapports sociaux de sexe

Les inégalités de genre peuvent se lire à travers l’usage discriminé des équipements les plus ordinaires. Ces inégalités s’inscrivent dans toutes sortes de dispositifs techniques que les représentants des deux sexes appréhendent et manipulent différemment. Dans cet article, nous interrogeons l’équipement des passant∙e∙s, et plus précisément le port de sacs en milieu urbain, sous l’angle des rapports sociaux de sexe. Nous verrons que les sacs que nous portons en disent long sur notre identité et sur notre relation à l’autre, qu’ils témoignent particulièrement bien de la division genrée des activités urbaines et dévoilent de précieuses informations sur les processus de socialisation à l’œuvre dans nos sociétés. En effet, à leur sac défendant, hommes et femmes laissent entrevoir — via l’adoption et l’usage d’équipe­ments variés — les contours des injonctions sociales qui viennent infléchir leur comportement.

Pratiques sexuées — Équipements (sacs) — Socialisation — Corps — Sociologie visuelle

Sabrina Sinigaglia-Amadio et Jérémy Sinigaglia — Tempo de la vie d’artiste : genre et concurrence des temps professionnels et domestiques

La vie d’artiste peut se caractériser par une double concurrence des temps : d’une part au sein de l’espace professionnel (entre les activités de création, d’administration, de communication, d’enseignement, etc.) ; d’autre part entre celui-ci et l’espace domestique. L’article propose d’analyser les conditions et les modalités de l’articulation des temps de travail et des temps de vie d’artistes musicien·ne·s et plasticien·ne·s. Il montre notamment que cette articulation repose sur des arrangements implicites qui correspondent à une mise en conformité avec des normes sociales mobilisant des repères dominants de la distribution des temps et des tâches sociales qui sont des impensés des rapports sociaux, impliquant des inégalités sociales et professionnelles, d’une part ; des inégalités de genre, d’autre part.

Artistes — Articulation travail/famille — Temps sociaux — Inégalités de sexe — Normes

 

 

 

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Abstracts

 

Gender and the Environment.
New Threats and New Analyses from North and South

Sandra Laugier, Jules Falquet et Pascale Molinier — Gender and Environmental Inequality: New Treats, New Analyses, New Feminisms (Introduction)

Val Plumwood — Nature, Self and Gender: Feminism, Environmental Philosophy, and the Critique of Rationalism

The author responds to criticisms of environmental philosophy that have been made by feminist philosophers. She argues that the problem arises out of the fact that environmental philosophy has adopted hypotheses drawn from rationalist and ethnocentric analyses that are biased by a gender prejudice, and which view reason as being radically distinct from the body and emotions, and destined to exercise control over them, over women, the body and nature. In opposition to the thesis identified as that of the divided self, the author develops the idea that those things that are close or personal to us (our trees, our rivers) play a key role in the acquisition of a moral life and of a sensitivity to the environment, in consonance with feminist approaches based on a self-in-relation. Rejecting deep ecology, which she views as posing the problem of a metaphysic of indifferentiation, the author offers a conceptualization of the relationships intrinsic to humanity, inviting her readers to go beyond the theory of masculine “separation” and traditionally feminist theories of “fusion”.

Environmental philosophy — Ecofeminism — Deep ecology — Theory of the self

Layla Raïd — Val Plumwood: the Alternative Voice of Ecofeminism

This article retraces the ecofeminism of Australian philosopher Val Plumwood (1939-2008). Ecofeminism develops an environmentalist critique of the ideal of the domination over nature, by highlighting the gender distinction that operates within it. I show how this domination is associated with the modern, dualist ideals of masculinity, then I present some non-dualist alternatives, including the ethics of care.

Ecofeminism — Plumwood Val — Care — Ethics of care — Environmental ethics

Lorena Cabnal — “Body-Territory and Territory-Earth”: Community Feminism in Guatemala (Interview conducted and translated by Jules Falquet)

Guatemala — Xinca people — Mayan people — Indigenous American ecofeminism — Feminism — Political participation — Extractivism

Maria Ovidia Palechor — “Reassert, she said” (Interview conducted and translated by Pascale Molinier)

Colombia — Cauca — Yanacona people — Indigenous American ecofeminism — Political participation

Catherine Larrère — Does Nature Have a Gender? Varieties of Ecofeminism

Ecofeminism is a movement that has mainly developed in English-speaking countries, and which, by highlighting the connection between the oppression of women and the domination of nature, seeks to combat both simultaneously. However, feminism has largely developed in opposition to the naturalization of both biological sex and gender. An ecofeminism might thus open up the risk of naturalization. By examining ecofeminism first in its (mainly American) cultural form, and then in its social form (which is more present in the Global South, since it connects the domination of women and nature with colonialism and imperialism), this article shows how feminist theorization on nature tends to call into question the self-evidence of nature itself, without discarding it as a reference.

Ecofeminism — Nature — Women from the global South — Environmental ethics — Care

Sandra Laugier — Care, the Environment, and Global Ethics

This article aims to show the transformative power of a feminist ethics of care for environmental issues, and, reciprocally, to show how the environmental question is THE current locus for redefining the issues at the heart of care. By giving value to moral characteristics that are identified as feminine – attention and care for others – the ethics of care has contributed to placing vulnerability at the heart of morality, but it has also shifted and extended its field. What care might teach us about the environmental question is that the development of our wealthy Western societies was only possible on the basis of their dependence on nature and resources – on animals and human beings. The climate crisis is an opportunity to rethink the idea of sustainable development by adopting a care perspective.

Care — Ethics of care — Environment — Vulnerability — Social justice — Ecofeminism

Anne Gonon — Feminism put to the Test by Nuclear Catastrophe. Mothers, Nature, and Care in Post-Fukushima Japan

The nuclear catastrophe in Fukushima raised fundamental questions regarding the care of human beings, but also of the earth itself. Examining the care practices currently being applied in the Fukushima area seems to be a very effective tool for understanding what is being experimented with in terms of the relationships between nature and human beings. However, the usual conceptual frameworks available appear to be of no help. In this article, some possible conceptual attempts are critically explored to suggest that the dominant trends in Japanese feminism, which are divided between maternalism and anti-maternalism, and ecofeminism, which tends to imagine a typically Japanese nature, are not offering the proper analytical tools that might allow us to understand the reality of care in an irradiated environment. The nuclear catastrophe has triggered a crisis in feminist knowledge.

Japan — Fukushima — Nuclear (catastrophe) — Environment — Care — Ecofeminism

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Cédric Calvignac — If Handbags Could Speak, or the Equipment of Passers-By as an Indicator of Gender Relations

Inequalities based on gender may be perceived in the indiscriminate use of the most ordinary equipment. These inequalities are inscribed within all kinds of technical structures that members of both sexes understand and manipulate differently. In this article, we examine the equipment of passers-by, and more precisely the phenomenon of carrying bags in an urban environment, from the perspective of gender relations. We will see that the bags we carry have a lot to say about our identity and our relationships to others, that they are particularly good illustrations of the gendered division of urban activities, and reveal precious information about the socialization processes that are at work in our societies. Indeed, handbags do speak: men and women reveal – through their adoption and use of various pieces of equipment – the outlines of the social injunctions that influence their behaviour.

Gendered practices — Equipment (bags) — Socialization — Body — Visual sociology

Sabrina Sinigaglia-Amadio and Jérémy Sinigaglia — The Tempo of an Artist’s Life: Gender and the
Concurrence of Professional and Domestic Times

The artist’s life can be characterized by a double concurrence of times: on the one hand within the professional space (between creative, administrative, communication and teaching activities etc.); and on the other hand between this professional space and the domestic one. This article puts forward an analysis of the terms and conditions governing how musicians and plastic artists articulate their working and private time. It shows in particular that this articulation is based on implicit arrangements corresponding to a compliance with social norms that bring into play dominant models for the distribution of time and social tasks, involving unquestioned assumptions about social relationships that imply social and professional inequalities on the one hand, and gender inequalities on the other.

Artists — Work/family articulation — Social times — Inequalities of the sexes — Norms

 

 

 

 

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Resúmenes

 

Género y medio ambiente:
nuevas amenazas, nuevos análisis en el Norte y en el Sur

Sandra Laugier, Jules Falquet y Pascale Molinier — Género y desigualdades medioambientales: nuevas amenazas, nuevos análisis, nuevos feminismos (Introducción)

Val Plumwood — La naturaleza, el yo y el género: feminismo, filosofía medioambiental y crítica del racionalismo

La autora responde a las críticas dirigidas por las filósofas feministas a la filosofía medioambiental. El problema vendría del hecho de que éstas hayan retomado las hipótesis surgidas de análisis, racionalistas y etnocentrados, sesgados por un prejuicio de género, que conciben la razón como radicalmente distinta de los cuerpos y de las emociones y destinada a ejercer un control sobre éstas, las mujeres, el cuerpo y la naturaleza. Al contrario de la tesis identificada como la del yo dividido, la autora desarrolla la idea de que aquello que nos es próximo o personal (nuestros árboles, nuestros ríos) juega un papel central en la adquisición de una vida moral y de una sensibilidad del medioambiente, en consecuencia con los enfoques feministas de un yo-en-relación. Rechazando la deep ecology que llevaría el problema de una metafísica de la indiferenciación, la autora propone una conceptualización de las relaciones intrínsecas a lo humano, invitando a superar la teoría de la ‘separación’ masculina y las teorías tradicionalmente femeninas de la ‘fusión’.

Filosofía medioambiental — Ecofeminismo — Deep ecology — Teoría del yo

Layla Raïd — Val Plumwood: la voz diferente del ecofeminismo

Nosotras presentamos el ecofeminismo de la filósofa autraliana Val Plumwood (1939-2008). El ecofeminismo desarrolla una crítica medioambiental del ideal de dominación de la naturaleza, mostrando cómo se opera una distinción de género. Ponemos en evidencia cómo esta dominación es asociada a los ideales modernos, dualistas, de la masculinidad. Nosotros exponemos enseguida las alternativas no dualistas; entre ellas, las éticas del cuidado.

Ecofeminismo — Plumwood Val — Cuidado — Ética del cuidado — Ética medioambiental

Lorena Cabnal — Cuerpos-territorio y territorio-Tierra (palabras recogidos Jules Falquet)

Guatemala — Pueblo xinca — Pueblo maya — Ecofeminismo amerindio — Participación política — Extractivismo — Feminismo

Maria Ovidia Palechor — Reafirmar, dice ella (palabras recogidos por Pascale Molinier)

Colombia — Cauca — Pueblo yanacona — Ecofeminismo amerindio — Participación política

Catherine Larrère — ¿La naturaleza tiene un género? Variedades del ecofeminismo

El ecofeminismo es un movimiento que se desarrolló sobre todo en los países anglófonos y que, mostrando el vínculo entre la opresión de las mujeres y la dominación de la naturaleza, busca a combatirlos juntos. Sin embargo, el feminismo se ha grandemente construido contra la naturalidad del sexo, después del género. Ecologizar el feminismo, ¿no sería abrirlo a la naturalización? Examinando el ecofeminismo cultural (principalmente americano), después social (más presente en el Sur, y vinculando la dominación de las mujeres y de la naturaleza al colonialismo y al imperialismo, mostraremos como la reflexión feminista sobre la naturaleza tiende a poner en cuestión la evidencia de ésta, sin abandonar la referencia.

Ecofeminismo — Naturaleza — Mujeres del Sur — Ética medioambiental — Cuidado

Sandra Laugier — Cuidado, medio ambiente y ética global

Este artículo busca poner en evidencia el poder transformador de las éticas feministas del cuidado para las cuestiones medioambientales, y recíprocamente, a mostrar cómo la cuestión medioambiental es EL lugar presente de redefinición de los asuntos de cuidado. Valorizar las características morales identificadas como feministas — el cuidado, la preocupación de los otros — la ética de cuidado contribuyó a posicionar la vulnerabilidad en medio de la moral, pero también ha desplazado y alargado su campo. Lo que el cuidado puede enseñarnos sobre la cuestión medioambiental, es que el desarrollo de nuestras sociedades ricas occidentales no ha sido posible que por su dependencia con respecto a la naturaleza, a los recursos — de los animales y de los humanos. La crisis climática  es la ocasión de repensar la idea de desarrollo sustentable a partir del cuidado.

Cuidado — Éticas del cuidado — Medioambiente — Vulnerabilidad — Justicia social — Ecofeminismo

Anne Gonon — El feminismo a la prueba de una tragedia nuclear. Madres, naturaleza y cuidados en el Japón después-Fukushima

La tragedia nuclear de Fukushima ha suscitado cuestiones fundamentales respecto a los cuidados de los seres humanos pero también de la tierra. Aunque el examen de las prácticas de cuidado implicadas actualmente en la región de Fukushima parece ser una herramienta muy eficaz para medir aquello que se encuentra en experimentación en los vínculos entre naturaleza y seres humanos, los marcos conceptuales parecen inoperantes.  En el presente artículo, algunas pistas de estas tentativas conceptuales son exploradas y permitan evidenciar que ni las corrientes dominantes del feminismo japonés escindidas entre maternalismo y anti-maternalismo ni el ecofeminismo que intenta pensar una naturaleza típicamente japonesa ofrecen las herramientas que permiten aprehender la realidad de cuidados en un medioambiente irradiado. La tragedia nuclear hizo emerger una crisis de los saberes feministas.

Japón — Fukushima — Nuclear (tragedia) — Ambiente — Cuidado — Ecofeminismo

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Cédric Calvignac — En defensa de su bolso, o el equipo de transeúntes como revelador de las relaciones sociales de sexo

Las desigualdades de género pueden leerse a través del uso discriminado de los equipos más ordinarios. Estas desigualdades se inscriben en todos los tipos de dispositivos técnicos que los representantes de ambos sexos aprehenden y manejan diferentemente.  En este artículo, nos cuestionamos el equipo de lo∙a∙s transeúntes, y más concretamente el llevar bolsos en un medio urbano, bajo el ángulo de las relaciones sociales de sexo. Veremos que los bolsos que llevamos dicen mucho sobre nuestra identidad y nuestra relación con el otro, que sirven para mostrar particularmente bien la división generizada de las actividades urbanas y revelan informaciones valiosas sobre el proceso de socialización llevados a cabo en nuestras sociedades. De hecho, en la defensa de la bolsa, los hombres y las mujeres dejan entrever - a través de la adopción y el uso de diversos equipos - los contornos de los mandatos sociales que vienen a modificar su comportamiento.

Práticas sexuadas — Equipos (bolsas) — Socialización — Cuerpo — Sociología visual

Sabrina Sinigaglia-Amadio y Jérémy Sinigaglia — Tempo de la vida de artista: género  y competición de los tiempos profesionales y domésticos

La vida de artista puede caracterizarse por una doble competición del tiempo: de una parte en el seno del espacio profesional (entre las actividades de creación, de administración, de comunicación, de enseñanza, etc.); de otra parte entre éste  y el espacio doméstico.  El artículo propone analizar las condiciones y las modalidades de la articulación de los tiempos de trabajo y los tiempos de vida de artistas músico·a·s y artistas plástico·a·s. Muestra notablemente que esta articulación descansa sobre los acuerdos implícitos que corresponden a una puesta en conformidad con las normas sociales que movilizan los puntos de referencia dominantes de la distribución de los tiempos y de las tareas sociales que son los impensados de las relaciones sociales, implicando desigualdades sociales y profesionales , de un parte; desigualdades de género, de otra parte.

Artisto∙a∙s — Articulación trabajo/familia — Tiempos sociales — Desigualdades de sexo — Normas

 

 

 

 

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Auteur·e·s

Lorena Cabnal, psychologue, est une activiste féministe communautaire Xinca-Maya Kekchi du Guatemala. Elle est cofondatrice de l’association Amixmasaj, l’Association de femmes indiennes de Santa María de Xalapán (Jalapa, formée en 2004).

Cédric Calvignac est maître de conférences en sociologie au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi et membre du CERTOP (Toulouse). Ses recherches s’inscrivent dans le champ de la sociologie des techniques et de l’innovation. Dans le prolongement de sa thèse, qui a porté sur « L’innovation faite par et pour les usagers », il s’intéresse aux relations qu’entretiennent acteurs humains et non humains en situation de mutuelle dépendance. Il est l’auteur de :
— (2012). « L’agent économique dormant. Enquête sur la capitalisation professionnelle de signalements communautaires ». Sociologie du travail, vol. 54, n° 2.
— (2013). « Mort de l’acteur, vie des clusters » (avec Franck Cochoy). Réseaux, n° 182.

Jules Falquet est maîtresse de conférences HDR en sociologie à l’Université Paris Diderot, membre du Laboratoire du changement social et politique et coresponsable du Centre pour les enseignements, la documentation et la recherche en études féministes (CEDREF). Elle y est responsable de la spécialité de master « Genre et changement social et politique : perspectives transnationales ».
Elle travaille sur la mondialisation néolibérale, les mobilités qui en découlent et les mouvements sociaux qui y cherchent des alternatives, dans une perspective d’imbrication des rapports sociaux de sexe, race et classe, et à partir de terrains latino-américains et des Caraïbes principalement. Elle s’intéresse également aux recompositions de la violence contre les femmes et à l’épistémologie féministe transnationale, post et décoloniale.
Elle est membre des revues Nouvelles questions féministes, Cahiers du genre et Cahiers du CEDREF. Parmi ses publications récentes :
— (2010). Le sexe de la mondialisation. Genre, classe, race et nouvelle division du travail (avec Helena Hirata, Danièle Kergoat, Brahim Labari, Nicky Le Feuvre et Fatou Sow, eds). Paris, Presses de Sciences Po.
— (2015). « Intersectionnalité et colonialité. Débats contemporains » (avec Azadeh Kian, eds). Les Cahiers du CEDREF, n° 20.
Page personnelle : http://julesfalquet.wordpress.com/

Anne Gonon est professeure à la Graduate School of Global Studies de l’Université Doshisha (Kyoto). Elle travaille sur les mouvements sociaux, et la question du care en situation de catastrophe telle que la catastrophe nucléaire de Fukushima. Elle a notamment publié :
— (2013). “Vulnerability in Time of Disaster”. Iride, n° 3.

Catherine Larrère est professeure émérite à l’Université de Paris 1 –Panthéon-Sorbonne. Elle s’intéresse aux questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale, au croisement de la philosophie de la nature et de la philosophie de la technique. Elle a contribué à introduire en France les grands thèmes de l’éthique environnementale d’expression anglaise. Elle a publié, notamment :
— (2013). L’écologie est politique (avec Lucile Schmid et Olivier Fressard). Paris, Les petits matins.
— (2015). Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique (avec Raphaël Larrère). Paris, La Découverte.

Sandra Laugier est professeure de philosophie à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle dirige le Centre de philosophie contemporaine à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (CNRS-Paris 1).
Ses travaux portent sur la philosophie du langage ordinaire (Wittgenstein, Austin, Cavell), la philosophie morale (éthique du care), la philosophie politique (désobéissance et démocratie), la culture populaire (séries TV). Elle a notamment publié :
— (2010). Faut-il désobéir en démocratie ? (avec Albert Ogien). Paris, La Découverte.
— (2014). Le principe démocratie : enquête sur les nouvelles formes de la démocratie (avec Albert Ogien). Paris, La Découverte.

Pascale Molinier est professeure de psychologie sociale à l’Université Paris 13 Villetaneuse Sorbonne Paris Cité et directrice de l’UTRPP. Ses recherches concernent les rapports entre santé mentale et travail dans une perspective de genre et l’analyse des incidences du travail sur les autres domaines de vie (sexualité, conjugalité, parentalité, etc.). Elle a été pionnière en France de l’introduction et du développement de la problématique de l’éthique du care, en lien avec des recherches empiriques sur le travail dans les institutions de soin en psychiatrie et en gérontologie, le travail de soin et d’assistance à domicile, y compris les aidants familiaux. Une partie de son travail théorique est également consacrée à l’épistémologie féministe et aux rapports entre genre et psychanalyse. Elle travaille régulièrement avec le Brésil et surtout avec la Colombie où elle a réalisé des recherches empiriques sur les employées domestiques. Ses travaux comportent par ailleurs une forte implication interdisciplinaire (avec la sociologie et la philosophie) et transdisciplinaire (avec la psychopathologie). Elle a notamment publié :
— (2009). Qu’est-ce que le care ? (avec Sandra Laugier et Patricia Paperman, eds). Paris, Payot & Rivages.
— (2013). Le travail du care. Paris, La Dispute « Le genre du monde ».

Maria Ovidia Palechor est une leader amérindienne Yanacona de la région du Cauca, au sud de la Colombie et une psychologue sociale. Elle est secrétaire générale du peuple Yanacona et coordinatrice du programme des femmes du Conseil régional indigène du Cauca (CRIC). Elle fait partie de la commission politique du mouvement des femmes et du secrétariat des femmes, de la famille et des générations de l’Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC). En tant que promotrice de la pensée des femmes amérindiennes, elle a participé à de nombreux échanges avec des femmes des peuples Mapuche, Kichwa et Aimara, pour réviser ce qui est propre à leurs cultures et ce qui est hérité de cultures extérieures, comme le machisme, et pour retrouver la signification de concepts propres comme le Suma Qamaña (le bien-vivre), partagés par beaucoup de peuples indiens dans un vivre ensemble harmonieux avec la nature.

Val Plumwood est née en 1939, dans une famille pauvre près de Sydney, vivant d’une exploitation de volailles. Elle a étudié la philosophie à l’Université de Sydney dans les années 1960. À partir des années 1970, elle est devenue un des membres les plus influents de la philosophie environnementaliste australienne, avec son mari Richard Routley. Ils cosigneront d’importants articles et traités de l’écologie environnementale, en particulier The Fight for the Forests (1973). Également engagée dans l’activisme écologiste, elle a eu un rôle déter­minant dans la sauvegarde des forêts de l’est australien. Randonneuse infatigable, elle a frôlé la mort lors de l’une de ses explorations solitaires de l’East Alligator Lagoon du Kakadu National Park : elle raconte dans “Being Preyˮ (2000) son attaque par un crocodile, et comment cet accident lui a permis de prendre conscience du refus moderne de penser l’être humain comme élément de la chaîne alimentaire. Après son divorce, Val se renommera Plumwood, à partir de son lieu de vie, Plumwood Mountain, le mont des pruniers. Sur son influence comme philosophe et activiste, cf. l’hommage que lui a consacré, à l’annonce de sa disparition, l’International Society for Environmental Ethics :
http://enviroethics.org/2008/02/29/val-plumwood-11-august-1939-%E2%80%93-29-february-2008/

Layla Raïd est professeure de philosophie à l’Université de Picardie Jules Verne, membre du CURAPP-ESS (Amiens), ancienne élève de l’ENS Paris et agrégée de philosophie. Elle a publié plusieurs articles sur les éthiques du care (Gilligan) et les éthiques environnementales (Leopold), ainsi que, notamment :
— (2006). L’illusion de sens. Le problème du réalisme chez le second Wittgenstein. Paris, Kimé.
— (à paraître). Le souterrain : Wittgenstein, Bakhtine, Dostoïevski. Paris, Cerf.

Jérémy Sinigaglia est maître de conférences en science politique à l’Institut d’études politiques de Strasbourg, membre du laboratoire SAGE (Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe). Ses recherches portent notamment sur les politiques publiques de la culture et les conditions de travail et d’emploi des artistes. Parmi ses publications :
— (2012). Artistes, intermittents, précaires en lutte. Retour sur une mobilisation paradoxale, 2003-2006. Nancy, Presses universitaires de Lorraine.
— (2013). « Le bonheur comme rétribution du travail artistique ». Sociétés contemporaines, n° 91.

Sabrina Sinigaglia-Amadio est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Lorraine sur le site de Metz et membre du 2L2S (Laboratoire lorrain de sciences sociales). L’un de ses axes de recherche porte sur les discriminations de genre et les représentations sexuées (dans les manuels scolaires, les dispositifs associatifs et institutionnels) dans les mondes scolaires et urbains. Elle a notamment publié :
— (2010). « Place et représentation des femmes dans les manuels scolaires en France : la persistance des stéréotypes sexistes ». Nouvelles questions féministes « Nouvelles perspectives de la recherche féministe en éducation », vol. 29, n° 2.
— (2014) (ed). Enfance et genre. De la construction sociale des rapports de genre et ses conséquences. Nancy, Presses universitaires de Lorraine.

 

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