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43 / 2007

43

Genre, féminisme et valeur de l'art

Coordonné par
Séverine Sofio, Perin Emel Yavuz et Pascale Molinier

 

Séverine Sofio, Perin Emel Yavuz et Pascale MolinierComment le féminisme et le concept de genre renouvellent-ils notre appréhension des arts plastiques ? C'est à cette question que nous répondons ici, en mobilisant des réflexions issues de différentes disciplines autour de la (dé)construction de la valeur de l'art.

 

Introduction au format pdf

  Le numéro sur Cairn

 

 

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Sommaire

 

Dossier

Séverine Sofio, Perin Emel Yavuz et Pascale Molinier
Les arts au prisme du genre : la valeur en question (Introduction) [p. 5-16]

Fabienne Dumont et Séverine Sofio
Esquisse d'une épistémologie de la théorisation féministe en art [p. 17-43]

Griselda Pollock
Des canons et des guerres culturelles [p. 45-69]

Patricia Mainardi et Mathilde Ferrer (Entretien)
De chaque côté de l'Atlantique, deux parcours féministes en art (Propos recueillis par Fabienne Dumont, Séverine Sofio et Perin Emel Yavuz) [p. 71-94]

Myriem Naji
Valeur des tapis marocains : entre productrices d'artisanat et mar­chands d'art [p. 95-111]

Maria Antonietta Trasforini
Du génie au talent : quel genre pour l'artiste ? [p. 113-131]

Françoise Frontisi-Ducroux
'La fille de Dibutade', ou l'inventrice inventée [p. 133-151]

Frédérique Villemur
Pensée queer et mélancolie du genre [p. 153-169]

Elvan Zabunyan
Histoire de l'art contemporain et théories féministes : le tournant de 1970 [p. 71-186]

David Zerbib
Le masculin et la performance de l'universel [p. 187-210]

Hors-champ

Roland Pfefferkorn
Autour de l'organisation d'une journée d'étude sur la prostitution. L'impossible compromis [p. 211-236]

Notes de lecture

— Agnese Fidecaro et Stéphanie Lachat (eds). Profession : créatrice. La place des femmes dans le champ artistique (Perin Emel Yavuz)

— Eleni Varikas. Penser le sexe et le genre (Delphine Naudier)

— Josette Trat, Diane Lamoureux et Roland Pfefferkorn (eds). L’autonomie des femmes en question. Antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe (Magdalena Rosende)

— Christiane Veauvy, Marguerite Rollinde et Mireille Azzoug (eds). Les femmes entre violences et stratégies de liberté. Maghreb et Europe du Sud (Djaouida Séhili)

— Jules Falquet. De la cama a la calle: perspectivas teóricas lésbico-feministas (Hélène Le Doaré)

— Susan Martha Kahn. Les enfants d’Israël : une approche culturelle de l’assistance médicale à la procréation (Ilana Löwy)

[p. 237-254]

 

  Notes de lecture au format pdf

 

Cahiers du Genre, n° 43/2007, septembre, 270 p.

ISSN  1165-3558 - ISBN 978-2-296-04205-6

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Résumés

Fabienne Dumont et Séverine Sofio — Esquisse d’une épistémologie de la théorisation féministe en art

Les recherches dans et sur le domaine de la théorisation féministe en art étant peu développées en France, nous avons choisi de revenir, dans cet article, sur les contextes d’émergence de cette théorisation, depuis les premières réflexions sur la place des femmes dans le monde artistique jusqu’aux tentatives d’articuler pratiques esthétiques et expression politique, sous l’influence du mouvement féministe. Dans un second temps, nous tentons d’établir une typologie des thématiques que les questionnements féministes ont contribué à renouveler tant dans le domaine de l’art que, plus largement, dans celui de la réflexion sur la création artistique, des années 1980 à aujourd’hui.

Art — Théorie féministe — Féminisme — Histoire de l’art — Sociologie de l’art — Esthétique

Griselda Pollock — Des canons et des guerres culturelles

Dans ce texte, tiré du premier chapitre de son livre Differencing the Canon (1999), Griselda Pollock propose un véritable programme de recherche pour repenser l’histoire de l’art comme discipline. En s’appuyant notamment sur les travaux de la philosophe et psychanalyste Sarah Kofman et sur les recherches menées par les théoriciennes féministes de l’art depuis trente ans, elle s’interroge sur le rôle que le féminisme, le genre et les études postcoloniales ont pu et peuvent encore avoir dans la redéfinition du ‘canon’ à la fois andro et ethnocentré qui structure toujours notre appréhension de la création et de la figure ‘du’ créateur, via les disciplines artistiques et les institutions culturelles.

Art — Histoire de l’art — Canons culturels — Valeurs — Altérité — Exclusion — Féminisme — Domination masculine — Artistes femmes

Patricia Mainardi et Mathilde Ferrer (Entretien) — De chaque côté de l’Atlantique,  deux parcours féministes en art (Propos recueillis par Fabienne Dumont, Séverine Sofio et Perin Emel Yavuz)

Pour ce numéro, il nous a semblé important de recueillir et de croiser les témoignages de deux actrices historiques du mouvement féministe en art, l’une américaine et l’autre française, afin de confronter leurs expériences et leurs points de vue sur les événements et les évolutions qui ont marqué ces trente dernières années dans les domaines de l’art, du féminisme, ainsi que de l’enseignement de l’histoire de l’art pour l’une et des arts plastiques pour l’autre.

Patricia Mainardi est, en effet, historienne de l’art, spécialiste de l’Europe des XVIIIe et XIXe siècles. Après avoir enseigné dans des universités aussi prestigieuses que Princeton ou Harvard, elle est aujourd’hui professeure à CUNY (City University of New York) où elle dirige le programme doctoral d’histoire de l’art. Militante féministe, elle fut l’une des fondatrices du Feminist Art Journal en 1972. Elle fait ainsi partie des premières historiennes d’art à avoir introduit une réflexion sur le genre dans l’analyse de la création et l’histoire de l’art comme discipline. Dans son dernier ouvrage, Husbands, Wives, and Lovers: Marriage and its Discontents in Nineteenth-Century France (2003), elle montre, à partir d’une analyse du mariage, de la sexualité et de leurs représentations, comment l’art transforme les questions de société en problématiques culturelles.

Active dans le milieu artistique depuis les années 1970, période au cours de laquelle elle fut membre des groupes français de plasticiennes féministes, Mathilde Ferrer impulsa, au sein de l’École nationale des beaux-arts où elle était chargée de la médiathèque, la création d’une collection d’ouvrages de référence concernant l’art, le genre et le féminisme, et encouragea les réflexions sur ces problématiques au sein de l’École autant parmi les élèves que parmi les professeur(e)s, par l’organisation de colloques, de rencontres avec des artistes anglo-saxonnes, etc. Aujourd’hui retraitée, elle reste une personnalité essentielle de l’activisme féministe et artistique en France.

Cet entretien s’est fait en deux temps, car, pour des raisons d’éloignement géographique, Patricia Mainardi a répondu à nos questions par écrit, tandis que nous avons pu rencontrer Mathilde Ferrer à Paris.

Art — Histoire de l’art — Féminisme — Artistes femmes — Domination masculine — Luttes des femmes — Création artistique

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Myriem Naji — Valeur des tapis marocains : entre productrices d’artisanat et marchands d’art

Produits exclusivement par des femmes, pour le marché occidental, les tapis du sud marocain sont vendus par des hommes, qui contrôlent et organisent le marché des tapis aux niveaux national et international. D’un bout à l’autre de la chaîne, ces tapis passent du statut de production artisanale à celui d’œuvre d’art. La construction de la valeur des tapis va de pair avec une occultation des tisseuses qui permet aux marchands d’exploiter les inégalités en termes social, ethnique et de genre. Cet article interroge les catégories d’art et d’artisanat et s’intéresse particulièrement aux questions de l’imitation et de l’appropriation de la production.

Art — Artisanat — Valeur marchande — Production domestique — Travail des femmes — Maroc

Maria Antonietta Trasforini — Du génie au talent : quel genre pour l’artiste ?

Le monde de l’art est un espace social et professionnel résultant d’un processus complexe de négociation entre les définitions de l’art comme objet symbolique et de l’identité sociale de l’artiste. Or une analyse en termes de genre montre que le ‘talent’ et le ‘génie’ sont des constructions aux conséquences sociales et professionnelles décisives. Il s’agit donc ici de s’intéresser au rôle des institutions et des ‘gardiens du temple’ qui ‘créent’ les artistes en leur procurant les ressources nécessaires à la production artistique, ainsi qu’à la manière dont joue le genre dans les processus de construction de l’histoire de l’art. C’est enfin à une déconstruction des positionnements à partir desquels hommes et femmes déterminent leur manière de ‘faire (de) l’art’ qu’invite une analyse du champ de l’art selon le genre. 

Art — Histoire de l’art — Artistes femmes — Mémoire — Légitimité — Professionnalisation

Françoise Frontisi-Ducroux — ‘La fille de Dibutade’, ou l’inventrice inventée

Selon le mythe fondateur de la peinture, et plus généralement de la représentation figurée, l’auteure de la première image figurative serait une jeune femme, ‘la fille de Dibutade’. Elle aurait ainsi tracé sur un mur l’ombre de son amant afin d’en conserver l’image. Le père de la jeune fille, potier dans une ville grecque, aurait transformé ce premier tracé en bas relief en le fixant avec de l’argile. Cependant, de l’Antiquité à aujourd’hui, ce récit ne cesse d’être remodelé. À partir de ses différentes versions, il s’agit non seulement d’analyser la production des représentations sociales relatives à la part respective des femmes et des hommes dans une invention majeure pour les sociétés, mais également leur valeur symbolique.

Art — Mythe — Création artistique — Histoire de l’art — Histoire culturelle

Frédérique Villemur — Pensée queer et mélancolie du genre

On interroge ici l’intérêt d’une approche queer dans le champ de l’histoire de l’art, en prenant en compte les questions épistémologiques liées à l’anachronisme et à la réception de l’œuvre d’art. Principalement autour de trois questions : quel lien la métaphore entretient-elle avec le processus de sublimation propre à l’acte esthétique et celui de l’intériorisation de la mélancolie à travers laquelle se construit l’identité de genre ? Quelles sont les fonctions subversives du queer au cœur de la différence des sexes alors que le queer est avant tout excentrique ? Comment cette excentricité amène-t-elle à repenser les découpages temporels de l’histoire de l’art et les catégories esthétiques établies ?

Art — Histoire de l’art — Queer — Valeurs — Corps — Identité de genre — Création artistique — Subversion

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Elvan Zabunyan — Histoire de l’art contemporain et théories féministes : le tournant de 1970

L’analyse de la relation entre les théories féministes et les pratiques artistiques passe ici par la référence à deux best-sellers parus en 1970 aux États-Unis — Dialectic of Sex de Shulamith Firestone et Sisterhood is Powerful de Robin Morgan — et à leur influence sur certains artistes contemporains qui commencent dès lors à s’inscrire au sein d’une réflexion explicitement liée à l’idéologie féministe. L’artiste américaine Yvonne Rainer évoque notamment l’importance des théories féministes pour son travail performatif et filmique. À leur contact, Rainer change de médium en abandonnant la performance pour passer au film. Ce dernier lui permet de repenser la notion même de représentation et de faire se rencontrer, de façon conjointe, féminisme, esthétique et politique.

Art contemporain — Histoire de l’art — Art et féminisme — Théories féministes — Pratiques artistiques — Performance — Rainer Yvonne

David Zerbib — Le masculin et la performance de l’universel

L’universel comme valeur esthétique explose sous le double effet de la  performance comme forme critique de la représentation, et du genre comme contenu voilé à la base de processus d’exclusion qui ont actualisé cette valeur. Mais l’action de ces deux facteurs varie, comme le montre l’examen de performances masculines. La radicalité formelle peut par exemple conforter les représentations de genre et faire du masculin l’unique source de valeur artistique ; quand d’autres performances déforment au contraire le masculin en manifestant toute sa plasticité. Au final, plutôt que considérer le genre comme un contenu critique à révéler, on est conduit à l’aborder comme une forme que la performance produit. À ce titre, la valeur esthétique de l’universel ne fait pas qu’exploser, elle est libérée de certaines représentations exclusives pour acquérir elle aussi de nouvelles potentialités formelles.

Art — Universel — Subjectivité — Valeurs — Performance — Corps — Exclusion

*  *  *

Roland Pfefferkorn — Autour de l’organisation d’une journée d’étude sur la prostitution. L’impossible compromis

Cet article propose l’analyse d’une controverse qui s’est développée en 2004 autour de l’organisation d’une manifestation scientifique consacrée à la prostitution. Après la présentation de la chronologie de cette controverse, des différents acteurs et de leurs modes d’intervention, l’article s’arrête sur la nature des arguments échangés et tente de dégager les différents registres de justification des acteurs intervenus dans cette polémique. Celle-ci s’inscrit par ailleurs plus largement dans le débat déjà ancien autour de la prohibition ou de la légalisation de la prostitution qui a été réactivé au cours des années récentes par les politiques diamétralement opposées mises en œuvre dans des pays européens comme la Suède d’un côté et les Pays-Bas ou l’Allemagne de l’autre.

Prostitution — Violences — Activité professionnelle — Droits des femmes — Luttes des femmes — Controverse scientifique

 

 

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Abstracts

 

Gender, feminism and the value of art

Fabienne Dumont and Séverine Sofio — Outline of an epistemology of feminist theorization in art

As research in and on the field of the feminist theorization in art is little developed in France, we have chosen in this article to look at the context of emergence of this theorization, since the first reflections on the place of the women in the artistic world to the attempts to articulate practical aesthetics and political expression, under the influence of the feminist movement. Then, we try to establish a typology of the sets of themes which feminist questioning has contributed to renew both in the field of art as, more largely, in that of the reflection on artistic creation, from 1980s to today.

Art — Feminist theory — Feminism — Art history — Sociology of art — Aesthetics

Griselda Pollock — Canon and cultural wars

In this text, drawn from the first chapter of her book Differencing the Canon (1999), Griselda Pollock proposes a true research programme to reconsider the history of art as a discipline. While being based in particular on work of the philosopher and psychoanalyst Sarah Kofman, and on the research undertaken by the feminist theoreticians of art for thirty years, she considers the role that feminism, gender and post-colonial studies have had and can still have in the redefinition of the both andro and ethno-centered “canon”, which always structures our appreciation of creation and the figure of “the” creator, through the artistic disciplines and cultural institutions.

Art — Art history — Cultural canons — Values — Alterity — Exclusion — Feminism — Male domination — Women artists

Myriem Naji — Value of the Moroccan carpets: between craftswoman production and art merchants

Produced exclusively by women, for the Western market, carpets from the Moroccan South are sold by men, who control and organize the market in carpets on the national and international levels. From one end of the chain to the other, these carpets pass from the status of artisanal production to that of work of art. The construction of the value of the carpet goes alongside a hiding of the women weavers, which makes it possible for the merchants to exploit the inequalities in social, ethnic and gender terms. This article questions the categories of art and craft industry, and is interested particularly in the questions of the imitation and the appropriation of production.

Art — Artisanal work — Market value — Domestic production — Women’s work — Morocco

Maria Antonietta Trasforini — From genius to talent: What gender for the artist?

The artistic field — as a professional social space — is the result of a complex negotiation whereby social actors try to define a symbolic object (art) and a social identity (the artist). Gender analysis, applied to art worlds, shows “talent” and “genius” as social constructions having relevant social and professional effects. In particular, the focus is on how institutional gatekeepers “create” and define artists, giving them the resources to produce art; and how, in the History of Art, “who tells the ‘story’ is relevant”. Finally, gender analysis proposes the deconstruction of social places where men and women artists produce and shape their “artistic way”.

Art — Art history — Women artists — Memory — Professionalization — Legitimacy

Françoise Frontisi-Ducroux — “The Dibutade’s daughter”, or the inventor invented

According to the founding myth of painting, and more generally of figurative representation, the author of the first figurative image was a young woman, “Dibutade’s daughter”. She supposedly traced on a wall the shadow of her lover in order to keep the image. The young girl’s father, a potter in a Greek city, then transformed this first sketch into low relief by fixing it with clay. However, from Antiquity to today this story has been retold in different ways. Starting from the various versions, it is not only a question of analysing the production of social representations relating to the respective contribution of the women and the men in a major invention for society, but also their symbolic value.

Art — Myth — Artistic creation — Art history — Cultural history

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Frédérique Villemur — Queer thought and gender melancholy

Here we consider the interest of a queer approach in the field of history of art, by taking into account the epistemological questions related to the anachronism and the reception of the work of art. Mainly around three questions: what link does the metaphor have with the process of sublimation specific to the aesthetic act and the interiorisation of melancholy through which gender identity is built? What are the subversive functions of queer thought at the heart of the difference of the sexes when queer thought is above all exocentric? How does this exocentricity lead us to reconsider the temporal categories of history of art and established aesthetic categories?

Art — Art history — Queer — Values — Body — Gender identity — Artistic creation — Subversion

Elvan Zabunyan — History of contemporary art and feminist theories: The turning point of 1970

The analysis of the relation between feminist theories and artistic practices is examined here with reference to two 1970 best-sellers in the United States — Dialectic of Sex by Shulamith Firestone and Sisterhood is Powerful by Robin Morgan — and their influence on certain contemporary artists who from that time start to identify themselves within a reflection explicitly related to feminist ideology. The American artist Yvonne Rainer evokes in particular the importance of the feminist theories for her performance and film work. Under their influence Rainer changed medium, abandoning performance to move to film. This enables her to reconsider the concept even of representation and bring into convergence, in a joint way, feminism, aesthetics and politics.

Contemporary art — Art history — Art and feminism — Feminist theories — Artistic practices — Performance — Rainer Yvonne

David Zerbib — Masculine and the performance of the universal

The universal as an aesthetic value explodes under the double effect of performance as a form of critical representation, and gender as veiled content at the base of the process of exclusion which brings out this value. But the action of these two factors varies, as the examination of male performances shows. Formal radicality can for example consolidate the representation of gender and make the masculine the single source of artistic value; while other performances on the contrary deform the masculine by expressing all its plasticity. In the end, rather than considering gender as a critical content to be revealed, we are led to approach it as a form that performance produces. From this point of view, the aesthetic value of universal does not only explode, it is released from certain exclusive representations to acquire new potentialities.

Art — Universal — Subjectivity — Values — Performance — Body — Exclusion

*  *  *

Roland Pfefferkorn — On the organization of a seminar on prostitution. The impossible compromise

This article analyses a controversy which developed in 2004 around the organization of an academic seminar on prostitution. After the presentation of the chronology of this controversy, of various actors and of their modes of intervention, the article considers the nature of the arguments exchanged and tries to separate out the various types  of justification used by actors in this polemic. This fits in addition more largely into the already old debate around the prohibition or legalization of prostitution which was reactivated in the recent years by the diametrically opposed policies implemented in European countries like Sweden on one hand and the Netherlands or Germany on the other.

Prostitution — Violences — Professional activity — Women’s rights — Women’s struggles — Scientific debates

 

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Auteur·e·s

 

Fabienne Dumont est historienne de l’art, enseignante à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne et en charge du catalogue raisonné de Anna-Eva Bergman à la Fondation Hartung-Bergman. Sa thèse, à paraître en 2007, portait sur Femmes, art et féminismes dans les années 70 en France.Elle est l’auteure d’articles et de conférences portant sur les implications féministes et de genre en art au XXe et XXIe siècles, tels que :
— (2006). « Los Angeles – Années 1970 : une expérience unique du féminisme en art ». Art présence, n° 59, juillet-septembre.
— (2006). « Art et féminisme – Années 1970, France : un contexte houleux et des œuvres décapantes » (mars). Consultable en ligne : www.constant.irisnet.be/a+f/

Françoise Frontisi-Ducroux est sous-directeur honoraire au Collège de France, helléniste, membre du Centre Louis Gernet (CNRS-EHESS). Elle travaille parallèlement sur les textes et les représentations figurées. Ses travaux portent principalement sur la religion grecque (Dionysos) et sur les mythes. Parmi ses ouvrages :
— (2000). Dédale : mythologie de l’artisan en Grèce ancienne. Paris, La Découverte.
— (2003). L’homme-cerf et la femme-araignée : figures grecques de la métamorphose. Paris, Gallimard.

Pascale Molinier est maître de conférences en psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre du Laboratoire de psychologie du travail et de l’action du CNAM. Elle est rédactrice en chef de la revue Travailler et membre du comité de lecture des Cahiers du Genre. Elle consacre ses recherches à « Psychodynamique du travail et rapports sociaux de sexe » et à « Genre, travail et sexualité ». Elle a notamment publié :
— (2003). L’énigme de la femme active. Paris, Payot.
— (2006). Les enjeux psychiques du travail. Paris, Payot.

Myriem Naji est doctorante en anthropologie à l’University College London (UCL), au département de culture matérielle. Sa thèse porte sur le travail des tisseuses au Maroc et le rôle de la culture matérielle et du corps dans la construction de leur subjectivité. Elle a publié :
— (2006). « Islam ». In Andrieu Bernard (ed). Dictionnaire du corps en sciences humaines et sociales. Paris, CNRS Éditions.
— (2006). « Quelques réflexions sur le rapport de jeunes chercheuses féministes à leur terrain (chantier) » (avec Anna Jarry, Élisabeth Marteu, Delphine Lacombe, Mona Farhan et Carol Mann). Terrains & travaux, n° 10.

Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg et membre du laboratoire Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043). Ses recherches et son enseignement portent principalement sur les inégalités et les rapports sociaux (rapports de classe et rapports de sexe). Il a publié récemment :
— (2007). Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classes, rapports de sexes. Paris, La Dispute « Le genre du monde ».
— (2007). Métiers, identités professionnelles et genre (codirigé avec Jean-Yves Causer et Bernard Woehl). Paris, L’Harmattan « Logiques sociales ».

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Griselda Pollock est l’une des historiennes de l’art et théoriciennes féministes les plus reconnues aujourd’hui dans le monde. Ses domaines d’intérêt sont multiples, de la peinture du XIXe siècle à l’art contemporain. Elle enseigne aujourd’hui à l’Université de Leeds en Grande-Bretagne, où elle dirige un programme d’études doctorales sur les arts visuels.
Auteure de nombreux ouvrages, elle a récemment dirigé,  avec Dana Arnold, l’ouvrage collectif :
— (2006). Psychoanalysis and the Image: Transdisciplinary Perspectives on Subjectivity, Sexual Difference, and Aesthetics. Malden, MA,Blackwell.
Sa prochaine publication, qui paraîtra en 2008 aux presses universitaires de Yale, sera consacrée à la peintre Charlotte Salomon et à la question de la mémoire de la Shoah.

Séverine Sofio est doctorante en sociologie à l’EHESS (Centre Maurice Halbwachs) et enseigne, en tant qu’ATER, à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne. Sa thèse porte sur : une sociologie de la population des plasticiennes actives à Paris dans la première moitié du XIXe siècle.
Elle a notamment publié :
— (2007). « Quelle(s) légitimité(s) pour les peintres de fleurs ? Genre, art et botanique au XIXe siècle ». In Naudier Delphine, Rollet Brigitte (eds). Genre et légitimité culturelle. Quelle reconnaissance pour les femmes ? Paris, L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ». 
— (2007). « La vocation comme subversion : artistes femmes et anti-académisme dans la France révolutionnaire ». Actes de la recherche en sciences sociales, n° 168 « Vocations artistiques », juin.

Maria Antonietta Trasforini est professeure associée de sociologie des processus culturels à l’Université de Ferrara (Italie). Elle a étudié le phénomène de la professionnalisation dans les métiers de la culture, en particulier dans l’art et la psychanalyse, les effets de genre dans les mondes de l’art et enfin les publics de l’art dans la culture urbaine.
Depuis 1996, elle fait partie du comité scientifique de la Biennale « Donna di Ferrara » qui organise des expositions en collaboration avec le Musée d’art contemporain de la ville (Palazzo dei Diamanti).
Elle a notamment publié :
— (2006) (ed). Donne d’arte. Storie e generazioni. Roma, Meltemi.
— (2007). Nel segno delle artiste. Donne, professioni d’arte e modernità. Bologna, Il Mulino.

Frédérique Villemur est historienne, spécialiste en histoire et théorie de l’art. Elle a consacré sa thèse aux Figures de l’androgyne, sous la direction de Michelle Perrot (Université Paris VII), et en prépare actuellement une version à paraître, Éros androgyne à la Renaissance. Elle est l’auteure d’articles sur la notion de genre et sur le travestissement en histoire et histoire de l’art à la Renaissance, ainsi que dans le champ de l’art contemporain. Parmi ses publications :
— (2000). La Méridienne de Paris : une nouvelle traversée de la capitale. Paris, Paris musées & Arles, Actes Sud.
— (2004). Paul Facchetti, le studio : art informel et abstraction lyrique (avec Brigitte Pietrzak). Arles, Actes Sud.

Perin Emel Yavuz prépare une thèse sur le Narrative art, sous la direction de Jean-Marie Schaeffer à l’EHESS. Elle s’intéresse à la narrativité et aux processus d’hybridation dans les pratiques artistiques contemporaines, en s’appuyant notamment sur la relation photo-texte et la mise en scène de soi. Elle développe, dans le cadre du groupe de recherche « Genre et création » d’EFiGiES, une réflexion sur l’oubli du genre dans le renouveau de l’esthétique dans les années 1990 en France.
Elle a publié récemment deux articles :
— (2007). « L’art à l’ère du scénario. La dimension micro du récit dans le Narrative art ». Textuel, n° 52 « Lectures de l’art contemporain » (Nachtergael Magali, ed).
— (2007). « Le filmique à l’épreuve de la fixité. La photographie séquentielle dans les années 60 et 70 ». Cinémaction, n° 122.

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Elvan Zabunyan est historienne de l’art contemporain. Maître de conférences à l’Université de Rennes, elle est actuellement en délégation au CNRS au Centre d’études nord-américaines, laboratoire MASCIPO (UMR 8168, EHESS/CNRS).
Parmi ses publications récentes :
— (2004). Black Is A Color : une histoire de l’art africain américain contemporain. Paris, Dis voir (publié aux États-Unis en 2005).
— (2007). « Pratiques et théories de l’art féministe postcolonial, une question contemporaine : exemples croisés de Trinh T. Minh-ha et Theresa Hak Kyung Cha ». In Inscriptions/Transgressions, Histoire de l’art et études genre. Bern, Peter Lang AG, Europäischer Verlag der Wissenschaften.

David Zerbib est chargé de cours en philosophie de l’art à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne. Il mène ses recherches sur la performance et collabore à différentes revues d’art et d’esthétique.
Il a notamment publié :
— (2006). « Efficacité et flux sans gain. Pour une théorie critique de la performance ». In L’art face aux nouvelles technologies. Paris, Klincksieck « L’Université des arts ».

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