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40 / 2006

40

Travail et mondialisation.
Confrontations Nord / Sud

Coordonné par Jules Falquet, Helena Hirata et Bruno Lautier

 

Comment le genre détermine-t-il les formes que prend la mondialisation et comment cette dernière affecte-t-elle différemment le travail des femmes et celui des hommes ? Telles sont les questions abordées dans ce numéro, dont les articles portent notamment sur le travail — celui des ouvrières dans les usines du Sud, celui des « femmes de service » dans les villes du Nord et celui des « hommes en armes » au Sud et au Nord — mais aussi sur la prostitution, le devenir des villes globales et l'essor des mouvements féministes.  

 

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  Le numéro sur Cairn

 

 

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Sommaire

 

Dossier

Jules Falquet, Helena Hirata et Bruno Lautier
Les nouveaux paradoxes de la mondialisation (Introduction) [p. 5-14]

Jules Falquet
Hommes en armes et femmes « de service » : tendances néolibérales dans l'évolution de la division sexuelle et internationale du travail [p. 15-37]

Bruno Lautier
Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s'épuise [p. 39-65]

Saskia Sassen
Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits de survie et leurs acteurs [p. 67-89]

Laura Oso Casas
Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en Espagne [p. 91-113]

Natacha Borgeaud Garciandía
La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua [p. 115-136]

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini
Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de sexe dans des orchestres [p. 137-161]

Elsa Galerand
Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes [p. 163-181]

Stéphanie Tawa Lama-Rewal
Le local et le global dans le mouvement indien des femmes [p. 183-202]

Hors-champ

Roland Pfefferkorn
Des femmes chez les sapeurs-pompiers [p. 203-230]

Notes de lecture

— Yvonne Knibiehler et Gérard Neyrand. Maternité et parentalité (Michèle Ferrand)

— Caroline Moulin. Féminités adolescentes (Isabelle Clair)

— Françoise Collin et Irène Kaufer. Parcours féministe [et] Christelle Taraud. Les féminismes en questions. Éléments pour une cartographie (Éléonore Lépinard)

— Xavière Gauthier. Paroles d'avortées. Quand l'avortement était clandestin (Liane Mozère)

— Terrain. « Homme/Femme » (Anne-Marie Devreux)

Langage et société. « Hommes/femmes : langues, pratiques, idéologies » (Agathe Gestin)

— Marie-Hélène Bourcier. Sexpolitiques. Queer Zones 2 (Maxime Cervulle)

— Hélène Buisson-Fenet. Un sexe problématique : l'Église et l'homosexualité masculine en France (1971-2000) (Pierre Tripier)

— Cynthia Cockburn. The line. Women, Partition and the Gender Order in Cyprus (Anne-Marie Devreux)

— Recherches féministes. « Féminisme, mondialisation et altermondialisation » (Roland Pfefferkorn)

[Notes de lecture — p. 231-259]

 

  Notes de lecture au format pdf

 

Cahiers du Genre, n° 41/2006, avril, 270 p.

ISSN  1165-3558 - ISBN   2-296-00501-2

 

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Résumés

Jules Falquet — Hommes en armes et femmes « de service » : tendances néolibérales dans l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail

Ce travail tente d’analyser l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail dans le cadre néolibéral, en croisant les dimensions patriarcales, capitalistes et racistes, et en observant plus particulièrement le marché du travail informel, considéré comme caractéristique de la mondialisation. S’y détachent deux figures, la deuxième étant en grande partie créée par la première : l’homme en armes et la femme « de service » (« travailleuse domestique » ou « travailleuse sexuelle »). Pour de vastes pans des secteurs non privilégiés de la population, il s’agit désormais du principal horizon dans le domaine de « l’emploi ». Précaires, souvent mal rémunérés et peu reluisants pour qui les exerce, ces « emplois » tristement emblématiques sont pourtant au cœur de la réorganisation néolibérale du travail.

Mondialisation — Néolibéralisme — Division internationale du travail — Services — Armes (hommes en) — Travail informel — Prostitution

Bruno Lautier — Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s’épuise

Cet article cherche à clarifier les relations entre trois questions : celle de la mondialisation, celle du travail et celle du genre. Dans un premier temps sont distinguées quatre formes principales de mondialisation, et est discutée la question de sa nouveauté, ainsi que celle de savoir si le travail lui-même est mondialisé. L’article développe ensuite la relation travail-genre-mondialisation : la mondialisation transforme de façon différenciée selon le genre le rapport au travail ; mais, en retour, les formes de la mondialisation sont étroitement dépendantes des rapports de genre au travail. Pour finir est examinée la question de la pérennité d’une mondialisation qui s’alimente de la prédation d’une sphère domestique qu’elle sature et épuise.

Mondialisation — Travail — Division internationale du travail — Services — Migrations — Libéralisme

Saskia Sassen — Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits de survie et leurs acteurs

De nombreuses femmes migrent dans le cadre de la mondialisation : elles partent pour s’occuper du service domestique, garder des d’enfants, devenir infirmières, ou exercer la prostitution; elles utilisent aussi la filière de mariages arrangés. Cette migration est le résultat de conditions ou de dynamiques très diverses dont on peut se demander si elles sont en rupture ou en continuité avec les anciennes histoires bien répertoriées de migration et d’exploitation. Il faut se situer à deux niveaux : d’un côté, les activités souvent traditionnelles, qu’elles soient liées à la survie ou à la recherche de profits, se mondialisent et contribuent aujourd’hui à la création, à l’échelle mondiale, d’une masse de travailleuses mal rémunérées. D’un autre côté, les pays du Nord voient dans l’apport croissant de femmes migrantes un élément leur permettant de réorganiser profondément le monde du travail. Ce genre de dynamique est particulièrement visible dans les villes mondialisées, qui constituent aussi des pôles d’attraction pour le capital multinational. Que ce soit au niveau de la ville ou à celui des circuits de survie, les femmes deviennent des actrices incontournables des nouveaux types d’économie en expansion. On leur attribue une moindre valeur économique et pourtant elles constituent des éléments clés dans la construction des économies nouvelles.

Mondialisation — Villes mondialisées — Migrations internationales — Emplois de service — Prostitution — Économie de l’information

Laura Oso Casas — Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en Espagne

L’objectif de cet article est de montrer qu’une bonne partie des femmes latino-américaines, contrairement à l’image souvent mise en avant de la femme objet de trafic, ont pris la décision de migrer en étant conscientes de l’activité qu’elles allaient pratiquer en Espagne. Cependant, bien qu’elles puissent opter volontairement pour le « travail » sexuel, devenant les principales pourvoyeuses économiques des foyers transnationaux (actrices de la migration, actrices économiques et du développement), elles sont prises dans plusieurs circuits qui contribuent à la reproduction des inégalités sociales. Ces circuits sont sous-tendus par l’articulation de plusieurs facteurs : la circulation des personnes, la mobilité des prostituées, la pression du foyer transnational, l’irrégularité juridique, ainsi que l’inégalité de genre.

Mondialisation — Espagne — Immigration latino-américaine — Prostitution — « Travail » sexuel — Trafic de femmes — Exploitation

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Natacha Borgeaud Garciandía — La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua

De nombreuses situations de vie et de travail aussi inacceptables que répandues de par le monde, nous sont présentées de temps à autre par les médias qui, ne pouvant en restituer la complexité, opèrent trop souvent par simplification excessive. Cet article cherche à dépasser une telle image simplifiée des conditions de vie et de travail des ouvrières des usines de sous-traitance (au Nicaragua), sans pour autant évacuer de l’analyse les conditions inacceptables qui sont le propre de leur travail. Au-delà des discours convenus sur les conséquences de la mondialisation et d’une vision des ouvrières réduites à un statut de victimes, cet article s’ancre et s’appuie constamment sur l’extraordinaire richesse des histoires de vies que les ouvrières rencontrées ont partagée avec la chercheuse. Il s’agit alors d’interroger, dans cette perspective, le sens qu’acquiert pour elles le travail et de repenser la « centralité du travail » à partir d’elles-mêmes, et ce malgré l’omniprésence du puissant argument de la création d’emplois.

Mondialisation — Nicaragua — Sous-traitance — Industrie textile —Travail des femmes — Conditions de travail — Subjectivité et travail

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini — Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de sexe dans des orchestres

L’objectif de ce texte est d’analyser les formes que prennent les rapports salariaux et la division sexuelle du travail dans deux orchestres constituant une référence prestigieuse dans leur propre pays — le Brésil et la France. Ces deux pays montrent des similitudes quant aux orientations en cours : une relative subordination aux lois d’une économie qui se globalise et vise à plus d’efficacité et de compétitivité. Cet article s’attachera à montrer comment le travail précaire des musiciens hautement qualifiés, originaires d’Europe de l’Est, constitue l’une des expressions des changements à l’œuvre dans le contexte de la globalisation. Il analysera ensuite les différences observées entre les formes d’insertion des hommes et des femmes dans ces formations orchestrales, privilégiant ainsi une double dimension — la division internationale et sexuelle du travail — dans la réflexion sur le salariat dans ce champ professionnel.

Orchestres — Musiciens — Division sexuelle du travail — France — Brésil — Travail précaire — Qualification

Elsa Galerand — Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes

Cet article a pour objet l’étude des divisions internes qui ont fragilisé l’organisation de la Marche mondiale des femmes de l’an 2000 contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. Pour comprendre ces divisions et ce qui a pu faire obstacle à leur dépassement, il propose de raisonner non pas en termes d’identités multiples mais en termes de rapports sociaux au pluriel. Quel rapport ces divisions politiques entretiennent-elles avec les différentes contradictions qui sont constitutives du groupe des femmes ? Sont-elles d’abord l’expression de contradictions (Nord/Sud, de classe ou de race) entre femmes ou le produit des rapports de pouvoir des hommes sur les femmes dans l’arène internationale ? À travers cette analyse, ce sont finalement les relations de co-construction que les différents rapports sociaux entretiennent les uns aux autres que ce texte tente d’éclairer ; soit l’incidence que peuvent avoir les rapports sociaux de sexe sur les rapports entre femmes et inversement, les antagonismes entre femmes sur la construction d’un rapport de force hommes/femmes.

Mondialisation — Marche mondiale des femmes — Rapports sociaux —Mouvement féministe — Nord / Sud — Revendications

Stéphanie Tawa Lama-Rewal — Le local et le global dans le mouvement indien des femmes

À partir d’une approche anthropologique de la mondialisation, qui privilégie « l’enchevêtrement accru du global et du local », cet article propose une réflexion sur la dynamique local/global au sein du mouvement indien des femmes. L’inventaire des principaux moments de l’internationalisation du féminisme indien révèle d’abord un mouvement de balancier entre phases d’ouverture et phases de repli, toujours liées à des enjeux politiques majeurs, sur les plans à la fois national et international. Concernant la question particulière de la sous-représentation politique des femmes, le repérage des différents niveaux spatiaux, mobilisés par l’action et par le discours du mouvement indien des femmes sur ce problème caractérisé par son universalité, souligne la prégnance de facteurs locaux dans les solutions qui lui sont proposées.

Mondialisation — Local/global — Inde — Mouvement des femmes (histoire) — Représentation politique — Quotas — Féminisme global

*  *  *

Roland Pfefferkorn — Des femmes chez les sapeurs-pompiers

Cet article est consacré à l’arrivée des femmes dans les corps de sapeurs-pompiers. Si ces corps se sont progressivement ouverts depuis trente ans, ils ne sont pas devenus pour autant des univers « mixtes ». Davantage encore que l’armée ou la police, ils restent marqués par une forte hégémonie masculine. Les jeunes femmes qui entrent dans ce milieu doivent faire face à de multiples réactions défensives de la part de leurs collègues masculins. La répartition des tâches est structurée suivant la hiérarchie des rapports sociaux de sexe. Le contenu des emplois varie suivant le sexe. La division du travail traditionnelle entre les sexes y est reproduite. La puissance des stéréotypes de sexe apparaît presque à l’état brut. Cet exemple permet de mesurer à quel point l’entrée des femmes dans un milieu d’hommes ne va vraiment pas de soi.

Féminisation des professions — Sapeurs-pompiers — Féminité — Masculinité — Virilité — Identité masculine — Collectif de travail

 

 

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Abstracts

 

Work and globalization. North / South confrontations

Jules Falquet — Armed men and “domestic” women: Neoliberal trends in the evolution of the sexual and international division of labour

This study aims to analyse the evolution of the sexual and international division of labour within the neoliberal framework, by comparing the patriarchal, capitalist and racist dimensions, and by observing more particularly the informal labour market, considered as characteristic of globalization. Two figures emerge, the second being mainly created by the first: the armed man and the “domestic” woman (“domestic worker” or “sexual worker”). For vast layers of the unprivileged sectors of the population this is now the main perspective for “employment”. Precarious, often badly paid and far from brilliant for those who have them, these sadly emblematic “jobs” are however at the heart of the neoliberal reorganisation of work.

Bruno Lautier — Globalization, work and gender: An outworn dialectic

This article seeks to clarify the relations between three questions: globalization, work and gender. Initially four principal forms of globalization are distinguished; the question of its novelty is discussed, as well as the question of the globalization of work itself. The article then develops the work-globalization-gender relationship: globalization transforms the relationship to work in a gender-differentiated way; but, in return, the forms of globalization are closely dependent on the gender relationship to work. Finally there is an examination of the question of the lasting nature of a globalization that is nourished by the domestic sphere on which it feeds, which it saturates and wears out.

Saskia Sassen — Towards an alternative analysis of globalization: Survival circuits and their actors

The global migration of maids, nannies, nurses, sex workers and contract brides is the outcome of multiple conditions and dynamics. Are the particular conditions and dynamics brought on by globalization altering or re-inscribing these often old and well-established histories of migration and exploitation? The focus is on two conditions. One is the globalizing of often older survival and profit-making activities that contribute today to producing a global supply of low-wage women workers. The second is the growing demand for migrant women in the global north as part of a sharp reorganization of labor demand. These dynamics are particularly visible in global cities, also strategic sites for global corporate capital. Both in the global city and in these survival circuits women emerge as crucial actors for new and expanding types of economies. It is through these supposedly rather valueless economic actors that key components of these new economies have been built.

Laura Oso Casas — Prostitution and immigration of Latin American women in Spain

The goal of this article is to show that many Latin American women, contrary to the prevalent image of trafficked women, made the decision to migrate being fully conscious what they are going to be doing in Spain. However, although they can voluntarily choose “sexual work”, becoming the main wage earners of transnational households (active migrants, the main economic and development agents), they are trapped in several circuits that contribute to reproducing social inequalities. These circuits rest on the articulation of several factors: movement of people, mobility of prostitutes, pressure from transnational households and legal irregularity, as well as gender inequality.

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Natacha Borgeaud Garciandía — The subcontracted life of the maquiladora workers in Nicaragua

Many living and working situations that are as unacceptable as they are widespread are presented to us from time to time by the media which, as they cannot express their complexity, too often operate by excessive simplification. This article seeks to go beyond such a simplification of the living and working conditions of the workers of subcontracting factories (in Nicaragua), without losing sight of the unacceptable conditions that are characteristic of their work. Going beyond the usual statements about the effects of globalization and a vision of women workers reduced to victim status, this article is rooted in and draws from the extraordinary richness of the stories of their lives that the women shared with the author. Within this perspective, she then examines the meaning that work has for them and rethinks the “centrality of work” from their standpoint, despite the omnipresent argument about “job creation”.

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini — Dissonant chords: Wage relations and gender relations in orchestras

The purpose of this text is to analyse the forms wage relations and gender relations take in two orchestras that are prestigious references in their own countries — Brazil and France. These two countries are similar in their orientation: a relative subordination to the laws of an increasingly globalized economy aims for more effectiveness and competitiveness. This article attempts to show how the precarious work of highly qualified musicians, originating in Eastern Europe, is one of the expressions of the changes at work in the context of globalization. It then analyses the differences observed between the forms of women’s and men’s insertion in these orchestral formations, thus highlighting a double dimension — the international and sexual division of labour — in its thinking on the evolution of the wage relations in this professional field.

Elsa Galerand — Return to the origins of the World March of Women (1995-2001). Gender relations and contradictions between women

This article sets out to study the internal divisions that weakened the organization of the World March of Women 2000 against poverty and violence against women. To understand these divisions and what could be an obstacle to overcoming them, it proposes to reason not in terms of multiple identities but in terms of plural social relations. To what extent are these political differences linked to the different contradictions that exist within the group “women”? Are they first of all the expression of contradictions (north-south, of class or race) between women or the product of power relations of men to women in the international arena? Through this analysis, the text finally tries to shed light on the relations of co-construction that different social relationships have with one another. That is to say the impact that gender relations can have on the relationships between women and conversely, the antagonisms between women on the construction of a balance of forces between men and women.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal — The local and the global in the Indian women’s movement

Starting from an anthropological approach to globalization, which focuses on “the increased intertwining of the local and the global”, this article proposes a reflection on local/global dynamics within the Indian women’s movement. The inventory of the main periods of internationalization of Indian feminism reveals first a balancing movement between phases of opening and phases of retreat, always related to the major political stakes on the national and international level. Concerning the particular question of the political under-representation of the women, the listing of the various levels on which the Indian women’s movement has acted on this universal question underlines the importance of local factors in the solutions proposed.

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Roland Pfefferkorn — Women among the firefighters

This article is devoted to women’s entry into the firefighting services. While these services have gradually opened up to women over the last thirty years they have nevertheless not become a “mixed” universe. They remain marked by a male hegemony, even stronger than in the army or the police force. Young women entering this field meet a lot of defensive reactions from their male colleagues. The distribution of different roles follows the hierarchy of gender relations. The job content varies according to the sex. The traditional division of labour between the sexes is reproduced. The power of gender stereotypes appears almost in a crude state. This example makes it possible to measure to what extent women’s entry into a man’s world really cannot be taken for granted.

 

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Auteur·e·s

 

Natacha Borgeaud Garciandía est doctorante en sociologie à l’Institut d’études du développement économique et social (IEDES – Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne). Sa thèse porte sur la centralité du travail et la subjectivité chez les ouvrières et ouvriers des usines étrangères de sous-traitance textile implantées au Nicaragua.

Jules Falquet est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Paris 7 – Denis-Diderot. Elle travaille actuellement sur le « développement », l’impact de la mondialisation néolibérale sur les femmes et les résistances individuelles et collectives que celles-ci lui opposent. Plus généralement, elle s’intéresse aux mouvements sociaux, qu’elle analyse dans une perspective de genre, principalement en Amérique latine et aux Caraïbes (mouvement zapatiste au Mexique, mouvement des Sans Terre au Brésil, mouvements de femmes et féministes). Parmi ses publications récentes :
— (2003). « Femmes, féminisme et “développement” : une analyse critique des politiques des institutions internationales ». In Bisilliat Jeanne (ed). Regards de femmes sur la globalisation. Approches critiques. Paris, Karthala.
— (2005). « Féminismes dissidents en Amérique latine et aux Caraïbes » (coordination du numéro avec Ochy Curiel et Sabine Masson). Nouvelles questions féministes, vol. 24, n° 2.

Elsa Galerand est doctorante en sociologie et membre du laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM – CNRS, universités Paris 10 et Paris 8). Elle travaille sous la direction de Danièle Kergoat et de Francine Descarries sur la genèse de la Marche mondiale des femmes en tant que processus de construction d’une lutte féministe dans l’arène internationale.

Helena Hirata est sociologue, chercheuse au laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM – CNRS, universités Paris 10 et Paris 8). Ses recherches portent sur les comparaisons internationales du travail et du chômage, sur genre et mondialisation et sur le rapport entre travail et affects. Parmi ses publications récentes :
— (2005). « Les paradigmes sociologiques à l’épreuve des catégories de sexe : quel renouvellement de l’épistémologie du travail ? » (avec Danièle Kergoat). In Durand Jean-Pierre, Linhart Danièle (eds). Les ressorts de la mobilisation au travail. Toulouse, Octarès.
— (2005). « Femmes et mondialisation ». In Maruani Margaret (ed). Femmes, genre et société, l’état des savoirs. Paris, La Découverte.

Bruno Lautier est professeur de sociologie, Centre de recherches de l’Institut d’études du développement économique et social (IEDES – Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne). Ses recherches actuelles portent principalement sur l’économie informelle, la protection sociale et les politiques de lutte contre la pauvreté, particulièrement en Amérique latine. Il a notamment publié :
— (2002). « Femmes en domesticité. Les domestiques du Sud, au Nord et au Sud » (coordination du numéro avec Blandine Destremau). Revue Tiers Monde, n° 170, avril-juin.
— (2004). Brésil, Mexique : deux trajectoires dans la mondialisation (avec Jaime Marques Pereira). Paris, Karthala.

Laura Oso Casas est docteure en Sociologie à l’Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. Elle est professeure titulaire à l’Université de La Coroña (Espagne). Son travail de recherche s’est fondamentalement orienté vers la thématique genre et migration. Elle est l’auteure de deux ouvrages :
— (1998). La migracion hacia España de mujeres jefas de hogar. Madrid, Instituto de la Mujer « Serie Estudios », nº 52.
— (2004). Españolas en París. Estrategias de ahorro y consumo en las migraciones internacionales. Barcelona, Bellaterra.

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Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg et membre du Laboratoire Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043). Ses recherches et son enseignement portent principalement sur les inégalités et les rapports sociaux (rapports de classe et rapports de sexe). Il a notamment publié :
— (2002). Hommes-Femmes, quelle égalité ? (avec Alain Bihr). Paris, L’Atelier.
— (2006). L’autonomie des femmes en question. Antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe (avec Josette Trat et Diane Lamoureux, eds). Paris, L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ».

Saskia Sassen est professeure de sociologie à l’Université de Chicago et à la London School of Economics. Ses travaux portent sur les villes globales, les migrations internationales et sur la place des femmes et des migrants dans les circuits de survie.
Parmi ses ouvrages récents :
— (2005). Socio-Digital Formations: New Architectures for Global Order. Princeton, Princeton University Press.
— (2006). Territory, Authority, Rights: From Medieval to Global Assemblages. Princeton, Princeton University Press.

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini est professeure de sociologie à L’Université de Campinas, Faculté d’Éducation (Brésil) et membre du Centre de recherches DECISAE.
Elle travaille sur les rapports sociaux de sexe dans les services (banque et télémarketing), sur le chômage des femmes et sur travail et formation dans les arts et spectacles (musique et danse).
— (2001). « Entre le chômage et l’engrenage des emplois précaires ». Travailler, n° 6.
— (2003). “Mulheres, mães, desempregadas: contradições de uma condição social”. In Emílio Marli, Teixeira Marilane, Nobre Miriam, Godinho Tatau (eds). Trabalho e cidadania ativa para as mulheres. São Paulo, Prefeitura municipal/Coordenadoria especial da mulher.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal, politologue, est chargée de recherche au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS-EHESS, Paris), et actuellement mise à disposition au Centre de sciences humaines de New Delhi (ministère des Affaires étrangères). Ses principaux thèmes de recherche sont la représentation politique des groupes et la gouvernance urbaine dans la démocratie indienne. Ses dernières publications :
— (2004). Femmes et politique en Inde et au Népal. Image et présence. Paris, Karthala.
— (2005). Democratization in Progress: Women and Local Politics in Urban India (avec Archana Ghosh). Delhi, Tulika.

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