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37 / 2004

37

Loin des mégalopoles.
Couples et travail indépendant

Coordonné par Dominique Jacques-Jouvenot et Pierre Tripier

 

La plupart des travaux sur l’inégalité d’emploi entre hommes et femmes portent sur le salariat. Ce numéro voudrait analyser la vie rurbaine, où le travail indépendant est la toile de fond économique. L’image de ce foyer premier de la domination masculine en sort ambivalente, contrastée et multiple.

 

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 Le numéro sur Cairn

 

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Sommaire

 

Dossier

Dominique Jacques-Jouvenot et Pierre Tripier
Introduction [p. 5-11]

Isabelle Bertaux-Wiame
Devenir indépendant, une affaire de couple [p. 13-40]

Sylvie Guigon
La femme du fromager. Le mariage : condition de sa professionnalisation [p. 41-57]

Dominique Jacques-Jouvenot et Pierre Tripier
Conquérir un statut pour les femmes d’artisans. Entretien avec Madame Roset [p. 59-69]

Christophe Giraud
Division du travail d’accueil et gratifications dans les chambres d’hôtes à la ferme [p. 71-91]

Céline Bessière
« Vaut mieux qu’elle travaille à l’extérieur ! » Enjeux du travail salarié des femmes d’agriculteurs dans les exploitations familiales [p. 93-114]

Annie Rieu
Agriculture et rapports sociaux de sexe. La « révolution silencieuse » des femmes en agriculture [p. 115-130]

Philippe Cardon
Histoires de femmes, histoires de fermes. Chroniques comparées de l’Andalousie et de la Franche-Comté [p. 131-153]

Florent Schepens
L’entrepreneur, sa femme et leurs enfants : de la recherche de l’indépendance à son dénigrement
[p. 155-169]

Marie Gillet et Dominique Jacques-Jouvenot
La dépendance dans l’indépendance [p. 171-190]

Document

Sara Helman et Tamar Rapoport
Les Femmes en noir : la contestation de l’ordre du genre et de l’ordre sociopolitique israéliens [p. 191-221]

 

Notes de lecture

— Laura Lee Downs. L’inégalité à la chaîne. La division sexuée du travail dans l’industrie métallurgique en France et en Angleterre (Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard)

— Bérengère Marques-Pereira. La citoyenneté politique des femmes (Éléonore Lépinard)

— Jacques Maître, Guy Michelat (eds). Religion et sexualité (Anne-Marie Devreux)

— Christiane Veauvy (ed). Les femmes dans l’espace public (Marylène Lieber)

— Sara Arber, Kate Davidson, Jay Ginn (eds). Gender and Ageing. Changing Roles and Relationships (Agathe Gestin)

— Claude Dubar. La crise des identités. Interprétation d’une mutation (Pascale Molinier)

— Dominique Fougeyrollas-Schwebel, Hélène Rouch, Claude Zaidman (eds). Sciences et genre. L’activité scientifique des femmes. États-Unis, Grande-Bretagne, France (Danielle Chabaud-Rychter)

— Martine Spensky (ed). Citoyenneté(s). Perspectives internationales (Pierre Tripier)

— Judith Butler. Le pouvoir des mots. Politique du performatif (Pascale Molinier)

[Notes de lecture — p. 223-252]

  Notes de lecture au format pdf

 

Cahiers du Genre, n° 37/2004, octobre, 276 p.

ISSN  1165-3558 - ISBN 2-7475-7407-5

 

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Résumés

Isabelle Bertaux-Wiame — Devenir indépendant, une affaire de couple

Tout passage du salariat à l’indépendance est un pari sur l’avenir. Majoritairement le fait d’hommes, l’installation artisanale se caractérise par une mobilisation de l’entourage et plus précisément par celle des conjointes. En articulant étroitement dans les pratiques sphère familiale et sphère professionnelle, cette modalité conjugale fait l’originalité de ce milieu. Saisir sa complexité implique de s’interroger sur le sens de l’installation non seulement pour l’homme de métier mais aussi pour son épouse. Nous identifions ici trois modalités de participations féminines à l’installation, trois modalités de division sexuelle du travail : le couple de travail, le couple conjugal et le couple professionnel. Ces configurations évoluent selon les moments du parcours, entre la mise à son compte et la transmission d’un bien doté d’une double valeur marchande et patrimoniale.

Entreprise familiale — Artisanat — Couple — Division sexuelle du travail — Mobilité sociale — Installation — succession — Autonomie professionnelle

Sylvie Guigon — La femme du fromager. Le mariage : condition de sa professionnalisation

Cet article montre comment l’épouse du fromager est parvenue à se professionnaliser dans l’espace de travail réservé initialement à son mari. Sa reconnaissance professionnelle débute dans les années soixante-dix. La politique laitière engagée contraint tous les acteurs à de plus grandes exigences pour obtenir un produit de qualité. Les rôles et les fonctions de chacun évoluent. Au sein de l’atelier de fabrication, les places du fromager et de son épouse sont redéfinies : tandis que le premier perd de son autonomie et se trouve dans l’obligation de travailler avec les techniciens, la seconde se voit attribuer de nouvelles fonctions dans un espace qui lui est dorénavant réservé. Elle acquiert le statut de « salariée de son conjoint » et est alors reconnue comme « une professionnelle » exerçant des tâches distinctes de celles de son mari.

Entreprise familiale — Fromager — Mariage — Gestion — Statut professionnel — Compétences — Autonomie

Christophe Giraud — Division du travail d’accueil et gratifications dans les chambres d’hôtes à la ferme

L’accueil en chambres d’hôtes à la ferme peut être interprété comme une illustration de la métaphore théâtrale de Goffman. Les propriétaires produisent le spectacle d’un accueil familial où les touristes sont considérés comme des amis. Souvent marginalisée au sein de l’exploitation, l’épouse est généralement la protagoniste et responsable, sur la scène de l’accueil. Le mari reste cantonné à une position de second rôle, voire de doublure. Les gratifications données par le public permettent une reconnaissance du travail féminin ordinairement invisible au sein de l’exploitation. Les gratifications accordées à la doublure sont plus dépendantes de la valorisation reconnue par le conjoint responsable. L’engagement de chaque individu sur les scènes touristique et agricole est expliqué par cette recherche de reconnaissance du travail effectué.

Entreprise familiale — Chambres d'hôtes — Accueil — Travail gratuit — Rôle masculin — Rôle féminin — Interaction

Céline Bessière — « Vaut mieux qu’elle travaille à l’extérieur ! » Enjeux du travail salarié des femmes d’agriculteurs dans les exploitations familiales

Depuis les années soixante-dix, le nombre de femmes d’agriculteurs qui occupent un emploi salarié en dehors de l’exploitation familiale ne cesse de croître. Deux tiers des jeunes ménages comprenant un actif agricole comptent aujour-d’hui un conjoint actif non agricole. Ce sont principalement des employées. Cette évolution conduit à une recomposition des rapports sociaux de sexe mais aussi à des transformations du fonctionnement domestique et économique des exploitations familiales, qui sont à la fois des familles et des entreprises. L’article se propose d’analyser ces transformations — au plus près des pratiques d’habitat, de travail, de répartition des tâches domestiques — à partir d’une enquête ethnographique de longue durée auprès d’exploitations familiales viticoles de la région délimitée Cognac (Charente).

Entreprise familiale — Agriculture — Famille — Génération — Cohabitation — Conflits familiaux — Travail salarié — Autonomie

Annie Rieu — Agriculture et rapports sociaux de sexe. La « révolution silencieuse » des femmes en agriculture

Cet article montre les évolutions qui ont touché la situation et la place des femmes en agriculture, en France, dans un contexte de transformations majeures du monde agricole. De plus en plus de femmes obtiennent des statuts autonomes au sein de la profession agricole, grâce à l’acquisition de compétences professionnelles. Par ailleurs, l’essor des activités de service dans le monde rural (tourisme, accueil, insertion) leur permet de consolider une identité sociale individuelle, qui a toujours été difficile à trouver dans un mode de production agricole fondé sur la famille et le couple. Si du côté des couples agricoles, les rapports sociaux de sexe évoluent, de nombreuses résistances à l’égalité des sexes perdurent au niveau de la profession, qui a du mal à se défaire de son image masculiniste. Ainsi, à l’instar des femmes d’autres catégories sociales, de façon plus silencieuse, les agricultrices françaises sont inscrites dans un mouvement de lutte pour l’égalité des sexes.

Entreprise familiale — Agriculture — Chef d'exploitation — Travail domestique — Division sexuelle du travail — statut — identité professionnelle

Philippe Cardon — Histoires de femmes, histoires de fermes. Chroniques comparées de l’Andalousie et de la Franche-Comté

L’augmentation du nombre de femmes exerçant une activité professionnelle principale hors de l’exploitation agricole est souvent analysée comme l’expression de nouveaux rapports sociaux de genre et de l’émergence de familles à double carrière. L’étude comparative proposée ici de parcours biographiques, analysés en lien avec les processus de transmission des patrimoines, dans deux régions européennes (Andalousie, Franche-Comté) révèle cependant l’existence de trajectoires professionnelles « détournées » mais inversées : salariées devenant agricultrices en Franche-Comté, agricultrices devenant salariées en Andalousie. Le parcours professionnel des femmes apparaît alors imbriqué au projet familial de pérennité des patrimoines prenant sens dans chaque contexte étudié. Cette démarche permet de réinterpréter le quatuor travail / famille, homme / femme (Tripier 1997).

Entreprise familiale — Agriculture — Transmission du patrimoine — Travail salarié — Trajectoires professionnelles — Formation

Florent Schepens — L’entrepreneur, sa femme et leurs enfants : de la recherche de l’indépendance à son dénigrement

Les entrepreneurs de travaux forestiers (ETF) sont issus de lignées familiales dont l’indépendance professionnelle a été contrariée. C’est pour réaliser leur status d’indépendant qu’ils deviennent ETF. Cependant, cela ne peut se faire sans la collaboration d’une conjointe prête au sacrifice de sa vie familiale et sociale, permettant le surinvestissement professionnel de son mari. Ce sacrifice n’est pas pour autant subi. Elles poursuivent, elles aussi, une mobilité sociale ascendante. L’indépendance du mari est un projet de couple. Nonobstant, elles feront tout pour que leurs enfants ne suivent pas l’exemple paternel. Le sacrifice de la vie conjugale ne doit pas avoir été vain. Les enfants continueront l’élévation sociale initiée par les parents, mais cela passera par un surinvestissement de la sphère scolaire.

Entreprise familiale — Couple — Forestier — Métier — Mobilité sociale — Transmission — Succession

Marie Gillet et Dominique Jacques-Jouvenot — La dépendance dans l’indépendance

En agriculture, l’héritage est soumis aux logiques familiales de reproduction qui construisent des successeurs et des héritiers non-successeurs. Les femmes sont rarement des élues successeurs. Cependant, l’étude de cas recueillis auprès de couples d’agriculteurs installés hors du cadre familial, montre que certaines femmes, héritières d’une culture profession-nelle mais détournées du métier, se réapproprient leur place professionnelle au moment de leur mariage et de leur installation, alors que d’autres, originaires d’autres milieux sociaux, sans héritage agricole, adoptent le métier d’agricultrice par choix conjugal plus que professionnel. Les premières entrent dans le métier avec leur conjoint, les secondes pour leur conjoint et ces modalités d’entrée dans le métier produisent des manières différentes d’occuper leur place de femme dans ce métier d’indépendant.

Entreprise familiale — Agriculture — Métier — Patrimoine — Héritage — Famille — Mariage — Culture professionnelle — Transmission

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Sara Helman et Tamar Rapoport — Les Femmes en noir : la contestation de l’ordre du genre et de l’ordre sociopolitique israéliens

Le mouvement de protestation israélien, les Femmes en noir, est étudié en se centrant sur le mode de protestation du mouvement, utilisé comme un prisme au travers duquel est analysée la manière dont la structure, les contenus et les objectifs de la manifestation contestent l’ordre sociopolitique et celui du genre. L’article analyse la manifestation silencieuse des Femmes en noir à Jérusalem et la caractérise, suivant en cela Handelman (1990), comme un événement public minimaliste. Après avoir examiné et analysé les sources du minimalisme on a conclu qu’il résultait de deux processus sociaux qui ont accompagné la formation des Femmes en noir en tant que mouvement social : l’interprétation personnelle du champ politique et l’évitement des discussions idéologiques entre les participantes.
Le minimalisme de l’événement public a préservé le mouvement pendant six années et a créé une identité collective qui accentuait la différence symbolique entre celles qui participaient à la manifestation et celles et ceux qui lui étaient extérieurs. Cette différence était symbolisée par une juxtaposition de personnes ayant des positions opposées. L’essence de cette opposition est analysée au moyen d’une description « dense », c’est-à-dire en la déchiffrant dans le contexte de la société israélienne.
L’étude conclut que le mode de protestation des Femmes en noir a créé un espace symbolique où un nouveau type de femmes en politique se met en jeu. Cette identité conteste les catégories socioculturelles israéliennes établies.

Genre — Israël — Mouvement — Paix — Événement — Symbolique — Discours — Nation

Cet article a été publié en 1997 dans The British Journal of Sociology, vol. 48, n° 4, Dec.

 

 

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Abstracts

Far from the megalopolis: couples and family businesses

Isabelle Bertaux-Wiame — Setting up one’s own, question for a couple

Any transition from age-work to setting up one’s own is a wager on the future. Mainly a step taken by men, setting up as a family business requires a mobilisation of the family and in particular the spouse. The conjugal relationship resulting from the close link between the activity of the family sphere and the professional sphere is the particularity of this milieu. Understanding its complexity means not only understanding what setting up a business means for the craftsman but also for his wife. We see here three forms of women’s participation, three forms of the sexual division of labour: the couple at work, the marital couple and the professional couple. These models evolve through time, between setting up the business and the transmission of property with a dual value, as a business and as a heritage.

Sylvie Guigon — The cheese-maker’s wife. Marriage: The precondition for her professionalisation

In this article we show how the cheese-maker's wife managed to become a professional in a workspace initially reserved for her husband. Her professional recognition started in the 1970s. The dairy products policy adopted required an effort from all the participants in the production process to obtain quality products. The roles and functions of all evolved. Within the dairy, the roles of the cheese-maker and his wife were redefined: while the first lost his autonomy and had to work with technicians, the second was given new functions in what became her workspace. She became an “employee of her spouse” and became “a professional” with tasks that were quite separate from those of her husband.

Christophe Giraud — Division of labour in the welcome and bonuses of farm bed and breakfasts

The welcome and reception in farm bed and breakfasts can be interpreted as an illustration of Goffman’s theatrical metaphor. The proprietors produce the spectacle of a family welcome where tourists are considered as friends. Often marginalised within the farm, the wife is usually the main player and one responsible for receiving the guests. The husband remains in a secondary or even understudy role. The bonuses given by the public give recognition to female work, which is usually invisible within the farm. The bonuses of the understudy depend more of the value given by the spouse responsible. The involvement of each individual in the tourist and agricultural spheres is explained by this quest for recognition of the work carried out.

Céline Bessière — “It would be better if she worked outside!” What is at stake in the waged work of farmers’ wives in family farms

Since the 1970s, the number of farmers’ wives who hold a salaried job outside the family holding has grown continuously. Two-thirds of young couples including an agriculturalist now have a working non-agricultural spouse. They are mainly female employees. This evolution has changed gender relations but also the domestic and economic functioning of family farms which are both families and businesses. This article sets out to analyse these transformations — through a close study of homes, work, division of domestic tasks — on the basis of a long-term ethnographic study of vine-growing family farms in the Cognac region (Charente).

Annie Rieu — Agriculture and gender relations. The “silent revolution” of women in agriculture

This article shows the evolutions that have affected women in French agriculture, in the context of major transformation in the agricultural sector. More and more women have an autonomous status within the agricultural profession, on the basis of professional qualifications. In addition the growth of service activities in the rural community (tourism, accommodation, insertion) makes it possible for them to construct an individual social identity, which was always difficult in an agricultural mode of production based on the family and the couple. While gender relations are evolving within farming couples, there is a lot of resistance to sexual equality in the profession, which finds it hard to shake off its male image. Thus, like women in other social categories, in a more silent way, French women farmers are involved in the movement struggling for gender equality.

Philippe Cardon — Women’s stories, farm’s stories. Comparative studies of Andalusia and Franche-Comté

The increase in the number of women with a professional activity outside the farm is often analysed as an expression of new gender relations and the emergence of dual career families. The comparative study here of biographies, analysed in relation to the process of transmission of inheritances, in two European regions (Andalusia, Franche-Comté) reveals however the existence of “deviated” but inverse professional trajectories: wage-workers becoming agriculturalists in Franche-Comté and agriculturalists becoming wage-workers in Andalusia. Women’s professional itineraries are thus shown to be intertwined with the family project of preserving inheritance, with a logic in each situation studied. This approach makes it possible to reinterpret the foursome of work/family, man/woman.

Florent Schepens — The contractor, his wife and their children: From seeking independence to denigration

Forestry contractors (ETF) come from families whose professional independence has been impeded. They become ETFs in order to achieve their status of independent. However, this cannot be achieved without the collaboration of a spouse ready to sacrifice family and social life, thus allowing the professional workaholicism of her husband. This sacrifice is nevertheless not imposed. They, the wives, are also seeking upward social mobility. The independence of their husbands is a project of the couple. Nevertheless, they will do everything to ensure that their children do not follow the paternal example. The sacrifice of conjugal life will not have been in vain. The Children will continue the social ascension initiated by the parents but this will be as result of workaholicism in their studies.

Marie Gillet and Dominique Jacques-Jouvenot — Dependence and independence

In agriculture, the right inheritance is subject to family reproduction logics with construct successors and non-successor heirs. Women are rarely chosen as successors. However, the study of cases collected from agricultural couples living outside the family framework shows that some women, having inherited a career culture but turned away from their profession regain their professional role at the time of their marriage and installation, whereas others, from other social milieus and without a rural background, take on a farming career more by marital than by professional choice. The first taken on the job with their spouse, the latter because of their spouse and the form of entry into this career result in different ways of occupying their place as women in the role of independent worker.

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Sara Helman and Tamar Rapoport — Women in Black: challenging Israel’s gender and socio-political orders

The Israeli protest movement ‘Women in Black’ is studied by focusing on the movement’s mode of protest, which is used as a prism through which to analyse the manner in which the structure, contents and goals of protest challenge the socio-political and gender orders. The article analyses the protest vigil of ‘Women in Black’ in Jerusalem, and characterizes it, following Handelman (1990), as a minimalist public event. After examining and analysing the sources of minimalism it was concluded that minimalism was the result of two social processes attendant at the formation of ‘Women in Black’ as a social movement: personal interpretation of the political field, and avoidance of ideological deliberation amongst the participants.
The minimalism of the public event preserved the movement for six years and created a collective identity that emphasized the symbolic difference between those within the demonstration and those outside. This difference was symbolized by a juxtaposition of opposites. The essence of opposites is analysed by means of ‘thick description’, i.e., by deciphering them in the context of Israeli society.
The study concluded that the mode of protest of ‘Women in Black’ has created a symbolic space in which a new type of political woman is enacted. This identity challenges established socio-cultural categories Israel.

 

 

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Auteur·e·s

Isabelle Bertaux-Wiame est sociologue au laboratoire Travail et Mobilités (CNRS-Université Paris 10 – Nanterre). Ses recherches portent sur la construction sexuée des trajectoires sociales, l’articulation vie privée/vie professionnelle ainsi que les questions de mobilité sociale et d’identités en lien avec la mobilité professionnelle et géographique. Les mondes socio-professionnels étudiés sont aussi bien ceux de la petite entreprise et de l’artisanat, que ceux des salarié(e)s de la fonction publique ou des cadres du secteur privé bancaire.
— (2003). « Mobilités professionnelles, trajectoires sociales et genre. Analyse de cas dans le secteur bancaire ». Rapport de recherche, Travail et Mobilités.
— (2004). « Parcours professionnels, mobilité géographique. Une analyse des inégalités homme/femme dans le secteur bancaire ». In Actes des IXe Journées de sociologie du travail, 27-28 novembre 2003. Toulouse, Octares.

Céline Bessière est agrégée-répétitrice au département de sciences sociales de l’École normale supérieure (ENS) et doctorante en sociologie au Laboratoire de sciences sociales de l’ENS-EHESS et à l’Université Paris 5. Ses travaux portent sur : sociologie de l’agriculture et des indépendants ; sociologie et ethnographie économiques ; sociologie et ethnographie de la famille.
— (2003). « Une profession familiale : les trois dimensions de la vocation agricole ». In Weber Florence, Gojard Séverine, Gramain Agnès (eds). Charges de famille, dépendance et parenté dans la France contemporaine. Paris, La Découverte « Textes à l’appui ».
— (2004). « Les ‘arrangements de famille’. Équité et transmission d’une exploitation familiale viticole ». Sociétés contemporaines, n° 56 « Transmissions patrimoniales ».

Philippe Cardon est sociologue, post-doctorant à l’Atelier de recherche sociologique (ARS), Université de Bretagne occidentale. Ses travaux portent sur la sociologie de la famille et des politiques familiales et sur les rapports sociaux de genre.
— (2001). “Mujer, familia y agricultura: análisis de las perspectivas teóricas en Francia”. Revista internacional de sociología, n° 29, tercera época (Espagne).
— (2004). Des femmes et des fermes. Genres, parcours biographiques et transmission familiale. Une sociologie comparative Andalousie / Franche-Comté [préface de Rose-Marie Lagrave]. Paris, L’Harmattan.

Marie Gillet est sociologue au Laboratoire de sociologie et d’anthropologie (LASA) de l’Université de Franche-Comté (Besançon). Ses travaux portent sur la transmission des savoirs et des normes professionnels et sur le vieillissement au travail.
— (2001). « L’agriculture en Franche-Comté : un métier patrimonial rediscuté » (avec Dominique Jacques-Jouvenot). Études rurales, n° 159-160, juilt.-déc.
— (1999). « Analyse sociologique de nouvelles formes de transmission des exploitations agricoles : le cas des trans-missions dites hors cadre familial ». Économie rurale, n° 253, sept.-oct.

Christophe Giraud est sociologue, maître de conférences au Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS), Université Paris 5. Ses travaux portent sur « Couple et travail ».
— (1996). « Les incohérences dans le renseignement du temps pour le secteur Linge-couture-tricot de l’enquête ‘Modes de Vie’ ». Bulletin de méthodologie sociologique, n° 52.
— (2001). « Partie 1 : Introduction », « Partie 2 : Introduction », « Partie 3 : Introduction ». In Singly (de) François (eds). Être soi parmi les autres. Famille et individualisation. T. 1. Paris, L’Harmattan « Logiques sociales ».

Sylvie Guigon est maître de conférences en sociologie à l’UFR des sciences juridiques, économiques, politiques et de gestion de l’Université de Franche-Comté, et chercheuse au Laboratoire de sociologie et d’anthropologie (LASA) de l’Université de Franche-Comté. Ses thèmes de recherche sont : transmission des savoirs professionnels ; acquisition et évaluation des compétences, notamment chez les femmes orientées vers les métiers dits « masculins » et dans les métiers du secteur quaternaire (services aux personnes).
— (1996). Les fruitières à comté. Fromager au village, l’art de composer. Besançon, Cêtre.
— (2002). « Le patrimoine : fondement identitaire de la profession agricole » (avec Marie Gillet et Dominique Jacques-Jouvenot). In Sylvestre Jean-Pierre (ed). Agriculteurs, ruraux et citadins, les mutations des campagnes françaises. Dijon, CRDP Bourgogne.

Sara Helman est Senior Lecturer au Department of Behavioral Sciences, Ben Gurion University (Israël). Ses recherches portent sur : sociologie et citoyenneté ; mouvements sociaux ; identité et citoyenneté ; genre et politiques sociales.
— (2002). “Monologic Results of Dialogue: Jewish-Palestinian En­counter Groups as Sites of Essentialization”. Identities: Global Studies in Culture and Power, vol. 9, n° 3, July-September.
— (2003). “Soul Citizenship: The Black Hebrews and the State of Israel” (with Markowitz Fran & Shir-Vertesh Dafna). American Anthropologist, vol. 105, n° 2, June.

Dominique Jacques-Jouvenot est sociologue au Laboratoire de so­ciologie et d’anthropologie (LASA) de l’Université de Franche-Comté (Besançon). Elle travaille sur la transmission des savoirs et des normes professionnels et sur le vieillissement au travail.
— (1997). Le choix du successeur. Paris, L’Harmattan.
— (2001). « L’agriculture en Franche-Comté : un métier patrimonial rediscuté » (avec Marie Gillet). Études rurales, n° 159-160, juilt.-déc.

Tamar Rapoport est professeure de sociologie à la School of Education – Sociology of Education, Hebrew University (Israël). Ses recherches sont centrées sur : genre et éducation ; migration et discours ; genre et migration, genre et religiosité ; genre et développement.
— (2002). “Recollection and Relocation in Immigration: Russian-Jewish Immigrants ‘Normalize’ their Anti-Semitic Experiences” (with Lomsky-Feder Edna, Heider Angelika). Symbolic Interaction, vol. 25, n° 2.
— (2003). “Body, Gender and Knowledge in Protest Movements” (with Sasson-Levi Orna). Gender and Society, vol. 17, n° 3.

Annie Rieu est chargée de recherches en sociologie au Centre d’études, recherches, travail, organisation pouvoir (CERTOP – UMR 5044 du CNRS) et membre associée de l’équipe d’accueil doctoral Simone-Sagesse à l’Université de Toulouse-le-Mirail. Ses recherches portent sur l’insertion sociale et professionnelle des femmes en milieu rural et agricole. Elle travaille actuellement sur l’engagement syndical et politique des femmes, et sur les interactions privé-public.
— (1993). « L’enjeu de l’informatique dans les rapports entre les sexes en agriculture ». Sociétés contemporaines, n° 16.
— (2003). Femmes : engagements publics et vie privée (avec Yannick Le Quentrec). Paris, Syllepse.

Florent Schepens est socio-anthropologue et doctorant au Laboratoire de sociologie et d’anthropologie (LASA) de l’Université de Franche-Comté (Besançon). Ses travaux portent sur la socio-anthropologie de la transmission et des professions.
— (2003). « Bûcheron : une profession d’homme des bois ? ». ethnographiques.org, n° 4 [en ligne :
www.ethnographiques.org/documents/article/ArSchepens.html].
— (2004). « Le bûcheron, la forêt et la société ». In Actes du colloque international de l’ICoTEM, Université de Poitiers, La forêt : enjeux comparés des formes d’appropriation, de gestion et d’exploitation dans les politiques environnementales et le contexte d’urbanisation généralisée

Pierre Tripier est professeur emérite de sociologie à l’Université de Versailles – Saint-Quentin en Yvelines et membre du Laboratoire Printemps (CNRS/UVSQ). Ses centres d’intérêt portent sur les racines scientifiques de la sociologie et sur les logiques pratiques des organi­sations, y compris les investissements affectifs et familiaux.
— (2004). L’Aveuglement organisationnel. Analyse sociologique de la méconnaissance (avec Valérie Boussard et Delphine Mercier). Paris, Éditions du CNRS.
— (2004) (Anni Borzeix, Pierre Desmarez, Pierre Tripier eds). « Amérique Latine : dynamiques productives, syndicalisme, emploi ». Sociologie du travail, vol. 46, n° 1.

 

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